Municipales : Marine Le Pen veut conforter son ancrage dans le bassin minier

Marine Le Pen en visite à Hénin-Beaumont, en août 2019. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Marine Le Pen en visite à Hénin-Beaumont, en août 2019. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Pour ces élections, le RN vise tout particulièrement ses deux bastions : le bassin minier et le pourtour méditerranéen.

Par Q.V avec AFP

Marine Le Pen lance, ce dimanche 12 décembre, son parti dans la dernière ligne droite des municipales où elle entend consolider son ancrage local grâce à des ralliements extérieurs, dont d'anciens LR.

Ce scrutin, traditionnellement peu favorable au Rassemblement national, est une des "marches" à franchir pour parvenir à l'Elysée, selon la député du Pas-de-Calais, qui se présente comme la première opposante à Emmanuel Macron, lui aussi désireux de paver avec ces élections son chemin jusqu'en 2022.

 

Trois élections avant les présidentielles


"Les prochaines élections, municipales, départementales et régionales sont les trois derniers arrêts au stand avant l'arrivée de la course qui a vocation à mettre Marine le Pen à l'Elysée", a résume le vice-président du RN Jordan Bardella samedi lors d'un déplacement à Calais.

Le RN entend en mars "poursuivre la reconquête" entamée aux européennes, desquelles il est sorti victorieux, en ouvrant ses listes mais en investissant d'abord ses zones de force.
 

"L'objectif d'abord c'est de dire : 'regardez la gestion du RN dans les villes, ça marche'", fait valoir l'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, élu eurodéputé avec le soutien du RN. Dans la région, le parti d'extrême-droite avait frappé fort, aux élections municipales de 2014, en emportant la mairie de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) au premier tour.

 

Des candidats extérieurs


Nouveauté par rapport à 2014, le RN a ouvert ses listes à des candidats extérieurs au parti. Dont certains occupent la première place, comme à Carpentras (Vaucluse) avec le général à la retraite Bertrand de la Chesnais.

Des candidats RN se présenteront aussi sans étiquette, comme Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine Le Pen, à Perpignan (Pyrénées-orientales), la plus grande ville briguée par le parti.

Le parti a par ailleurs limité ses ambitions à ses zones de force afin d'éviter les démissions comme après 2014, alors que trouver des candidats n'est pas une tâche facile.

 

Des têtes de liste "davantage formées"


Le RN veut surtout irriguer autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen. Y compris avec des conseillers d'opposition susceptibles de se présenter aux élections départementales et régionales de 2021.
 

"On ne va pas faire de chiffre mais plutôt de la qualité" grâce à des têtes de liste "davantage formées", souligne-t-on au RN, qui présentera "à peu près" autant de listes (600) qu'en 2014. Ce qui n'a pas empêché quelques couacs comme à Strasbourg où le candidat investi qui avait, selon le RN, "caché" des condamnations pour violences racistes, a dû jeter l'éponge.

 

Une cinquantaine de villes "gagnables" ?


Le parti ne donne pas d'objectifs chiffrés. Selon France inter, le RN voit une cinquantaine de villes gagnables, au lieu de 100 comme évalué auparavant.
 
D'après une étude pour la fondation Jean Jaurès, le parti aura plus de mal dans les grandes villes, où l'électorat plus riche et plus diplômé ne lui est pas favorable, et les villes très petites, où il n'a "pas des forces militantes suffisantes", alors que les adhésions ont baissé depuis 2017, et où "la dédiabolisation est loin d'être achevée".

Pour donner "l'exemple", trois députés sur six (Louis Aliot, le député du Nord Sébastien Chenu et le député du Pas-de-Calais Ludovic Pajot) conduiront des listes. Marine Le Pen, déjà dans les préparatifs de 2022, ne se présentera pas.
 

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