Musée juif de Bruxelles : récit de ces "secondes qui ont duré une éternité" pour la dernière victime de la tuerie

Le djihadiste originaire de Roubaix Mehdi Nemmouche est jugé à Bruxelles, accusé de l'assassinat de quatre personnes dans la Tuerie du musée juif. Sa dernière victime, une sexagénaire française, a assisté à toute la scène. Son avocat revient sur ces "secondes qui ont duré une éternité".

Au procès Nemmouche, ce sont maintenant les avocats des victimes qui ont la parole pour évoquer leur mémoire.
Au procès Nemmouche, ce sont maintenant les avocats des victimes qui ont la parole pour évoquer leur mémoire. © STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP
Dominique Sabrier, bénévole française de 66 ans, a été assassinée au musée juif de Bruxelles en 2014. Elle est la seule des quatre victimes a avoir vu toute la scène et pu mesurer la "froide détermination" du tueur, a insisté son avocat lors du procès du djihadiste roubaisien Mehdi Nemmouche, ce mardi 20 février.

Le français est jugé en Belgique, accusé d'être l'auteur de ce quadruple assassinat perpétré. Et depuis lundi, les avocats des victimes ont la parole pour évoquer leur mémoire, "le gâchis considérable" de ces vies perdues, selon les mots de l'un d'eux.
 
Me François Koning, qui défend la fille et le frère de Dominique Sabrier, a rappelé que la victime avait vu surgir le tueur face à elle, à quelques mètres, alors qu'elle se tenait assise derrière son bureau à l'intérieur du musée.

A ce moment là, un couple de touristes israéliens viennent d'être attaquées par derrière, sous le porche d'entrée, abattus chacun d'une balle de revolver tirée à bout portant dans la nuque. Dans la foulée, Alexandre Strens, un employé belge du musée âgé de 26 ans, né de parents marocains, est mortellement blessé d'un tir en plein front dans le hall d'accueil. Il décédera deux semaines plus tard à l'hôpital.

 

"On les a privé de leur vie"


Derrière son bureau d'où elle tente d'activer un système d'alarme, la sexagénaire française voit toute la scène : "des secondes qui ont duré une éternité". "Elle a tout le temps de se voir assassiner froidement par un tueur déterminé", a affirmé Me Koning. La quatrième et dernière victime plonge au sol pour tenter de se protéger mais le tueur change d'arme et "vient l'achever avec une kalachnikov".

"Elle est la seule qui s'est su, qui s'est vu assassiner par un tueur de l'Etat islamique", a-t-il insisté, en référence à l'organisation jihadiste au sein de laquelle Nemmouche est soupçonné d'avoir combattu en Syrie entre janvier 2013 et février 2014.
 
Dominique Sabrier, ex-employée d'une maison d'édition parisienne, tout juste installée à Bruxelles pour sa retraite et bénévole au musée, était "polyglotte, ouverte sur le monde, pleine de culture", a aussi dit Me Koning. Pour lui, "ce sont quatre belles personnes qui ont été assassinées (...), toutes en bonne santé. On les a privé de leur vie".

Il a vu en Alexandre Strens, 26 ans, "l'emblème même du gâchis de cette histoire", décrivant un "jeune homme d'origine musulmane qui se prend d'intérêt pour la culture hébraïque et se fait assassiner par l'Etat islamique". "Ca n'a ni queue ni tête", a lâché Me Koning. Les plaidoiries des parties civiles doivent se poursuivre toute la semaine. Un verdict est attendu début mars.

 
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