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MyFerryLink : le syndicat maritime Nord menace "d'actions fortes"

Le syndicat maritime Nord a promis mercredi "des actions fortes" si Eurotunnel arrêtait de louer ses navires à la scop SeaFrance, ce qui pourrait occasionner de nouvelles perturbations dans les liaisons transmanches, a indiqué son porte-parole à Calais.
"Selon les réponses que l'on va obtenir d'ici le 1er juillet, je vais demander à toutes les sections syndicales réunies dans le Pas-de-Calais de faire des actions fortes sur trois, voire quatre jours", a déclaré Eric Vercoutre, secrétaire général du Syndicat maritime Nord.

Eurotunnel a décidé fin mai de ne pas renouveler son contrat avec la Scop SeaFrance exploitant la compagnie MyFerryLink, et qui court jusqu'au 1er juillet minuit.

Mardi, ce "n'était qu'un en-cas"


"Il y a les vacances le 1er juillet...On se mettra tous autour de la table pour parler d'actions fortes qui peuvent déstabiliser l'économie dans notre région",
a menacé M. Vercoutre à l'issue d'une assemblée générale devant 150 employés environ dans un hangar situé sur le port de Calais.

Ce qui s'est passé mardi "n'était qu'un en-cas", a averti M. Vercoutre, à la tête du syndicat ultra majoritaire. Mardi, des membres de la Scop SeaFrance avaient causé d'importantes perturbations en bloquant le tunnel sous la Manche et le port de Calais, le premier de France en terme de passagers et le 2e européen, derrière Douvres.

Ces actions avaient causé des embouteillages et par voie de conséquence un redoublement des assauts des migrants qui tentent de monter dans des camions en attente de traverser la Manche en car ferry ou sur les navettes ferroviaires du tunnel.

Lors de l'assemblée générale, l'avocat de la Scop SeaFrance, Me Philippe Brun, a demandé au président de la République de venir à Calais soutenir la coopérative "qui a fait toutes ses preuves".

"Un patron du CAC 40 (Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, qui n'est plus dans le CAC 40, ndlr) a décidé de tuer cette entreprise qui gagne de l'argent", a dit Me Brun, soulignant qu'il en était de "l'intérêt général de la France dans ce dossier".

DFDS Seaways reprendrait 202 emplois de la Scop

La prochaine étape de ce dossier complexe est l'examen par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer vendredi d'un délai supplémentaire concernant la prorogation des contrats d'affrètement des navires à la Scop SeaFrance par Eurotunnel.

"Pour trouver la solution nécessaire il faut du temps: c'est la démarche des administrateurs judiciaires à laquelle on s'associe pleinement", a déclaré Me Brun. Des employés de MyFerryLink devaient être présents vendredi matin pour manifester devant le tribunal de commerce.

Par ailleurs, dans le même temps, on apprenait ce jeudi 24 juin, par dépêche AFP, que le Danois DFDS Seaways comptait reprendre 202 emplois des quelque 600 employés de la Scop SeaFrance dans son projet de reprise de deux des trois bateaux de MyFerryLink, a annoncé mercredi DFDS dans un communiqué.

"DFDS confirme avoir déposé ce jour une offre auprès des administrateurs judiciaires de la SCOP SeaFrance. Si cette offre devait être retenue, elle permettrait la reprise de 202 emplois de la SCOP SeaFrance", a indiqué la compagnie, retenue par avance par Eurotunnel parmi plusieurs offres.
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