Neuville-en-Avesnois : une fête organisée dans un gîte regroupe plus de 200 personnes, 108 participants verbalisés

Samedi 27 février, plus de 200 personnes se sont réunies dans un gîte, en plein coeur de l'Avesnois, pour faire la fête, sans aucun respect des gestes barrières. 108 personnes ont été verbalisées. La sous-préfète de l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe craint un "cluster en puissance".

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(Illustration) © FREDERIK GILTAY - FRANCE 3 NPDC

Depuis la mise en place du confinement puis du couvre-feu, de nombreuses histoires de fêtes clandestines sont relatées par les médias alors que les rassemblements sont interdits. Fête dans une boite de nuit pourtant fermée à Marseille, apéros dans des appartements parisiens exigus… et notre région n’est pas épargnée.

Mi-janvier, une fête rassemblant une soixantaine de personnes était organisée dans un appartement lillois par une étudiante en médecine. Début février, 35 personnes s’étaient retrouvées à un apéro organisé par un jeune de 20 ans un lundi après-midi, dans son appartement de 20 m2 à Croix situé à deux pas d’une prestigieuse école de commerce.

Alors qu’on pourrait croire que ces fêtes privées ne sont organisées que dans les grandes villes, d’autres exemples existent, et se multiplient. La preuve encore ce week-end, dans un village de l’Avesnois.

Neuville-en-Avesnois : 300 âmes et 200 fêtards

Neuville-en-Avesnois, 300 âmes. Un village d’ordinaire paisible, situé en forêt de Mormal à équidistance de Cambrai et de Maubeuge. Le week-end dernier, la tranquillité du bourg a été quelque peu chahutée. Plus de 200 personnes, venant pour la grande majorité de Lille, Roubaix, Tourcoing ou de Belgique, se sont rassemblées dans un gîte rural loué pour l’occasion afin d’organiser une fête dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 février.

Le petit village de 300 âmes, situé au milieu des champs, en plein cœur de l'Avesnois.
Le petit village de 300 âmes, situé au milieu des champs, en plein cœur de l'Avesnois. © Hélène Tonneillier / France 3 Hauts-de-France

Un peu après minuit, des voisins ont appelé les forces de l’ordre pour signaler un tapage nocturne. "Le gîte à l'habitude d'être loué mais en principe les gens respectent le voisinage. Ce soir-là, je me suis endormi à 4h du matin", témoigne une personne du proche voisinage, tenue en éveil par le bruit.

Quelques minutes plus tard, deux gendarmes sont venus sur les lieux et ont découvert une cinquantaine de voitures parquées autour du gîte. Devant l'ampleur de la fête, ils ont appelé du renfort. Et pour éviter que des fêtards prennent la fuite, "la vingtaine" de gendarmes arrivée a posé une herse au sol.

108 verbalisations ont été dressées. Elles seront envoyées dans les jours qui viennent, puisque l’état d’alcoolémie des participants et la "violence de certains" aurait pu créer un trouble à l’ordre public, indique Corinne Simon, sous-préfète de l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe.

Une enquête a été ouverte par le parquet d'Avesnes-sur-Helpe. L'objectif : déterminer s'il y avait un organisateur qui a perçu une rémunération ou si le regroupement était plutôt amical.

Un phénomène qui se développe

Faire la fête en dehors de la ville semble être une option de plus en plus plébiscitée par les fêtards, qu’ils soient jeunes ou plus âgés, comme c’était le cas samedi soir dans le village de l’Avesnois. Une manière pour eux de s’éloigner des secteurs qui, dans l’imaginaire collectif, sont plus exposés aux contrôles, estime la gendarmerie du Nord.

Les locations de gîtes ruraux se multiplient, notamment avec l’arrivée des beaux jours. Et difficile pour les propriétaires de savoir qui se cache derrière l’internaute qui effectue la réservation. Les participants sont ensuite prévenus du lieu de la fête via des messageries privées sur les réseaux sociaux, quelques heures avant le début de l'événement.

C'est exactement ce qui s'est passé ce week-end, à Neuville-en-Avesnois. Le propriétaire du gîte pensait que le locataire organisait un séminaire, puisque le contrat était estampillé d'un cachet d'entreprise du bâtiment. Ce qui n'était en réalité pas le cas.

"J’ai potentiellement un cluster en puissance"

Corinne Simon, sous-préfète de l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe, déplore "l’irresponsabilité de certains" qui mettent en danger les autres. "On fait des efforts à Dunkerque en confinant les gens chez eux le week-end, ce n’est pas pour qu’il y ait des fêtes clandestines ailleurs", rappelle-t-elle. Elle craint désormais que cette fête soit un "cluster en puissance" pour l’Avesnois et toute la région. "C’est exactement comme ça qu’on arrive à avoir un virus qui continue de se propager".

"C’est exactement comme ça qu’on arrive à avoir un virus qui continue de se propager par l’irresponsabilité de certains".

Corinne Simon, sous-préfète de l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe

Alors que la situation sanitaire se dégrade rapidement dans le Nord et le Pas-de-Calais, faisant planer la menace de nouvelles mesures restrictives comme un confinement le week-end dans les deux départements, le préfet du Nord en appelle plus que jamais à la responsabilité de chacun.

"Les contrôles de gendarmerie et de police nous enseignent qu’il existe un niveau d’irresponsabilité incroyable, estime Michel Lalande, qui déplore l’irrespect des gestes barrières dans ce genre d’événement interdit. Il y avait 200 personnes qui s’en donnaient à cœur joie sans masque mais avec beaucoup de bières".

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