Nord : Marine Le Pen et Sébastien Chenu en campagne dans l'Avesnois pour les élections régionales

La présidente du Rassemblement national, et candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2022 est venue donner un coup de pouce à la tête de liste de son parti aux élections régionales dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu. 

Marine Le Pen, avec Sébastien Chenu (à droite), et Philippe Emery, le président du groupe RN au Conseil régional des Hauts-de-France, le vendredi 9 avril, dans l'Avesnois.
Marine Le Pen, avec Sébastien Chenu (à droite), et Philippe Emery, le président du groupe RN au Conseil régional des Hauts-de-France, le vendredi 9 avril, dans l'Avesnois. © Sergio Rosenstrauch / France télévisions

Marine Le Pen était présente ce vendredi 9 avril à Avesnes-sur-Helpe (Nord) et au Quesnoy (Nord) avec Sébastien Chenu, tête de liste du RN pour les élections régionales des 13 et 20 juin prochains. La présidente du Rassemblement national, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2022 est venue aider "son chouchou", comme elle aime le dire, sur les marchés de ces deux villes du département du Nord. Elle s'est largement prêtée au jeu des selfies.

Lors d'une conférence de presse organisée pour l'occasion, Marine Le Pen est revenue sur le scrutin régional de 2015, qu'elle avait perdu après le désistement du candidat de gauche au profit de Xavier Bertrand au deuxième tour. "L'élection aurait dû être gagnée en 2015 mais elle nous a été volée. La liste PS s'est sabordée pour faire gagner Xavier Bertrand", juge Marine Le Pen qui estime toujours la région "gagnable". Sébastien Chenu en a profité pour largement critiquer la politique de l'actuel président de région. "C'est une politique de gadgets, menée avec désinvolture. Il n'y a pas eu d'effet Bertrand dans les Hauts-de-France. Il y a beaucoup de communication mais peu de réalisations". Il demande entre autres : "où est l’argent de Bridgestone ?".

La candidate à l'élection présidentielle n'a pas manqué de dénoncer la fusion de ce qu'elle nomme encore le "Nord Pas-De-Calais" et la "Picardie". Marine Le Pen a tenté de se positionner en défenseuse de la ruralité, estimant que la création des Hauts-de-France est à l'origine de "l’aggravation de la métropolisation et de la désertification de certains territoires"

Un bus de campagne bien reconnaissable

Marine Le Pen et Sébastien Chenu, par ailleurs députés du Pas-de-Calais et du Nord, ont affiché leur proximité. La cheffe du RN s'est positionnée comme "la marraine" de la candidature de la tête de liste des Hauts-de-France. Aussi, leurs portraits sillonnent les routes de la région sur le bus du candidat depuis le 19 février.

Ce bus, sorte de panneau publicitaire géant, sert au candidat du RN de local de campagne et lui permet d'atteindre les électeurs. "Ce Chenubus est un outil original pour informer les électeurs", a lancé la tête de liste, alors que les autres partis peinent à faire campagne dans le contexte de la crise sanitaire.

"Nous faisons campagne pour que les électeurs aient une information complète. C’est notre boulot de candidat que d’aller à la rencontre les électeurs, même avec la crise et avec des masques. Ils peuvent nous trouver sur les marchés. D'ailleurs, nous sommes les seuls sur le terrain", affirme Sébastien Chenu, également porte-parole du Rassemblement national. Il assure que ses listes sont prêtes et que son programme tournera autour du thème "une région qui vous protège". "Ce slogan sera décliné sur tous les points du programme : santé, environnement, emploi", précise-t-il.

Le bus de la campagne de Sébastien Chenu à Avesnes-sur-Helpe le vendredi 9 avril.
Le bus de la campagne de Sébastien Chenu à Avesnes-sur-Helpe le vendredi 9 avril. © Myriam Schelcher / France télévisions

 

Mais la tenue du scrutin n'est pas assurée. Il devait déjà se dérouler en mars 2021 mais pourrait encore être repoussé à cause de la pandémie. "Comme d’habitude, la décision va être annoncée n’importe comment, au dernier moment et au mépris des candidats. Pour les élus locaux et les communes, c’est une logistique lourde d’organiser des élections en pleine crise sanitaire", critique Marine Le Pen. 

L'histoire entre la fille de Jean-Marie Le Pen et la région Hauts-de-France est vieille comme la Coupe du monde de football. En 1998 déjà, elle devenait conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais, et investissait pour la première fois un mandat électoral. 

En 2010, puis en 2015, elle se présente pour la présidence de la région (pour le Nord Pas-de-Calais en 2010 puisque la fusion des régions n'avait pas encore eu lieu). C'est lors de son deuxième essai qu'elle se montre la plus dangereuse. Elle récolte 40% des voix au premier tour, devant Xavier Bertrand (25%). L'actuel président de région l'emportera au second tour grâce au désistement du candidat de la gauche, Pierre de Saintignon, crédité de 18% des voix au premier tour. Enfin, en 2017, après deux tentatives loupées en 2007 et 2012, Marine Le Pen finit par être élue députée du Pas-de-Calais. "A chaque élection nous nous rapprochons du pouvoir", a-t-elle prévenu lors de la conférence de presse. Sébastien Chenu abonde : "nous préparons la grande alternance de 2022". 

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