Choose France 2024 : 9 entreprises étrangères implantées dans les Hauts-de-France vont investir massivement

La présidence de la République reçoit à Versailles ce lundi 13 mai 2024, 180 patrons étrangers. Après les 28 annonces (13 milliards d'investissement) de l'édition "Choose France 2023" ; cette année 2024, 56 projets pour 15 milliards d'euros doivent être annoncés. Parmi eux, au moins 9 projets déjà rendus publics dans les Hauts-de-France.

C'est le rendez-vous annuel dédié à l'attraction de la France pour les investisseurs étrangers. Cette année 2024, après sept éditions, les montants annoncés sont records. Au total, 15 milliards d'euros investis dans 56 projets.

Dans les Hauts-de-France, au moins neuf gros projets ont déjà été rendus publics : 

1. Une potentielle nouvelle usine d'engrais bas carbone à Languevoisin-Quiquery (selon France Bleu) dans la Somme vers 2030 (par le groupe espagnol FertigHy, pour 1,3 milliard d'euros)

2. Des lignes de production de frites et pommes de terre de McCain modernisées ou agrandies (350 millions) à Harnes et Béthune, dans le Pas-de-Calais, et dans la Marne, où se rendait Emmanuel Macron ce lundi 13 mai

3. Des investissements supplémentaires dans la pharmacie avec Pfizer (500 millions sur cinq ans), AstraZeneca (365 millions d'euros) site industriel à Dunkerque et site de conditionnement à Reims. 

4. Toujours en pharmacie, GSK (140 millions d'euros) qui a trois sites industriels en France dont un à Saint-Amand-les-Eaux et son siège à Rueil-Malmaison.

5. Procter&Gamble. Environ 65 millions d'euros seront partagés entre le site d'Amiens et le site de Blois (Centre-Val de Loire).

6. DFDS (Danemark) envisage de rendre 100 % électrique la nouvelle génération de ferries opérant entre Calais, Dunkerque et Douvres, soit un investissement d’un mlilliard d'euros à Calais et Douvres. 

7. SKF (Suède) prévoit d’accélérer les investissements en France, sur une période de 3 années (2024-2026), pour renforcer ses activités aéronautiques et ses capacités de production, conduire la décarbonation sur ses sites, et pour développer plus encore ses activités R&D. Site à Valenciennes entre autres. 

8. Mars (Etats-Unis, alimentation animale) annonce investir 130 millions d'euros dans tous ses sites de production (l'un d'eux est à Cambrai).

9. Enchem (Corée du Sud) leader dans les composants pour batteries, investit dans un site de production d’électrolyte sur le Port de Dunkerque. Cet investissement de 57 millions € créera 100 emplois d’ici 2027.

À titre de comparaison, même si ce n'est pas dans la région, à noter que Microsoft va investir 4 milliards d'euros pour un nouveau centre de données dans l'est de la France et l'agrandissement d'autres en région parisienne et près de Marseille, pour répondre à la demande croissante d'intelligence artificielle et de services informatiques en cloud.

La plupart des projets annoncés lors du sommet sont des projets qui auraient vu le jour avec ou sans le sommet.

Sylvain Bersinger, chef économiste au cabinet Asterès

AFP

Chaque année, 200 milliards d'euros sont investis en France, selon l'Insee, dont 35 venant de multinationales étrangères. "La plupart des projets annoncés lors du sommet sont des projets qui auraient vu le jour avec ou sans le sommet", estime Sylvain Bersinger, chef économiste au cabinet Asterès. "Le cœur de l'attractivité française ne réside pas là-dedans", dit-il à l'AFP, citant plutôt le système éducatif, le cadre "juridique, fiscal, l'environnement d'innovation, le marché local".

Selon le baromètre EY "les projets d'investissements étrangers en France sont associés à 39 773 créations d'emploi" en 2023, constate l'économiste Lucas Chancel dans une tribune dans Le Monde. Soit moins qu'au Royaume-Uni (52 211) ou en Espagne (42 450). Ces emplois, qui représentent 0,13% de la population active, "aideront les territoires qui en bénéficieront, mais force est de constater que le chiffre demeure bien faible par rapport à l'importance que certains voudraient lui prêter", poursuit le codirecteur du Laboratoire sur les inégalités mondiales à l'Ecole d'économie de Paris.

Avec AFP