Coronavirus : dans de nombreux restaurants et bars de Lille, payez maintenant, buvez et mangez après le confinement

© MaxPPP
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À l'initiative de plusieurs restaurateurs lillois au chômage partiel depuis le début du confinement, une agence de communication nordiste a créé un site internet qui permet d'acheter maintenant des coupons à utiliser plus tard dans des bars et restaurants. Une avance de trésorerie souvent bienvenue.

Par Virginie Demange

"Des gens partout, des sourires, la fête. Une grande soirée de retrouvailles, après, comme on sait si bien le faire dans le Nord !" Voilà comment Martin Le Pellec, créateur du restaurant "Papa Raffaele" imagine l'après-confinement.

En attendant, il est contraint de gérer un quotidien compliqué, comme tous les restaurateurs. "On parle de chômage partiel, mais ce n'est pas si simple. Je suis seulement en train de pouvoir déclarer mes employés parce que, et je le comprends bien, le site est saturé depuis trois semaines. Du coup, la plupart des entreprises viennent juste d'avoir leurs codes... On a pu s'inscrire cet après-midi au chômage partiel, si ça se trouve on sera remboursés dans trois semaines."
 

C'est grâce à un ami espagnol qu'il a eu l'idée de "La Grande Bouffe". "Il m'a dit que ça existait à Madrid. J'ai tout de suite appelé l'agence de communication "Nash & Young", à Marcq-en-Barœul, je travaille souvent avec eux. C'est là que César Toulemonde, du "Comptoir volant", est arrivé. Il a un gros réseau à Lille. Ensemble, on a lancé ce beau projet dans la métropole lilloise, et on a hâte de la faire, cette soirée."

Vianney Bourgois, fondateur de l'agence, n'est pas encore à la fête. Pour l'heure, il essaie de gérer trois enfants dans un bain, avant de se décider à les extraire pour "l'option Nintendo Switch, pour pouvoir parler tranquillement". Et d'expliquer le principe de "La Grande Bouffe". "L'idée est simple. Payer maintenant en ligne via internet ce qu'on consommera en restaus et bars après le confinement. Le but est d'aider les restaurateurs à avoir une trésorerie immédiate."
 

Chacun choisit un restaurant dans la liste des participants et achète un coupon. Les versements se font par tranche entre 10 et 200 euros, et l'acheteur bénéficie d'un bon d'achat avec une remise de 10 % sur la future addition. "Quant aux restaurants, explique Vianney, ils doivent payer 200 euros de frais d'inscription, qui serviront à payer les salariés de l'agence. Dès qu'on sera rentrés dans nos frais, on donnera le reste à une association. Petits restaus, grands, connus, anonymes, gastro, street-food, peu importe, ce qu'il faut, c'est un produit qui soit bon et des clients qui soient bien reçus."
 

Le restaurant de Martin Le Pellec existe depuis trois ans. "Je venais d'en ouvrir un autre, "Brique House", à Saint-André-lez-Lille. Tout juste deux semaines avant le début du confinement... C'est dur. Cette opération, c'est peut-être déplacer le problème, mais pour ceux qui en ont besoin tout de suite ça peut les aider. On voulait faire un mouvement pour aider tout le monde, ça renforce le côté communautaire." Ce n'est pas Vianney Bourgois qui le contredira. "Ce n'est pas un truc de mendicité, c'est plus un état d'esprit positif, où tout le monde est heureux de se retrouver et de participer à quelque chose de commun."

Tous les restaurants ne sont pas encore sur le site. "On prépare quelque chose de qualitatif, promet Vianney. Avec de belles photos et de beaux textes. On a déjà une cinquantaine de participants, et une dizaine de demandes à traiter. En une journée, on a déjà vendu 12.000 euros de coupons."

L'expérience pourrait rapidement être étendue à d'autres villes, comme Paris et Bordeaux.

 

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