Coronavirus : roman photo, compte Instagram et projet historique... quand le confinement inspire les photographes

Alors que le confinement réduit pour tous l'accès à l'extérieur, les photographes amateurs ou professionnels redoublent d'imagination pour vivre leur passion. L'occasion de découvrir des clichés insolites, drôles ou touchants. 

Depuis le début de confinement, les photos permettent d'échanger en famille ou entre amis les petits événements du quotidien sans se voir. Ces photographes sont allées plus loin puisqu'elles ont créé des projets à partir de la contrainte du confinement, entre tour du monde à la maison, roman photo d'elèves et projet historique à travers les fenêtres. 

À Lille, une famille prend des photos de son tour du monde depuis son salon

 

Marie Wilmot est passionnée de voyage et de photographie. Si l'épidémie de coronavirus l'empêche de parcourir le monde, elle entend bien se rattraper depuis chez elle avec la photo. "Ma seule règle c'est aucun photomontage", a décidé cette travailleuse indépendante dans l'événementiel. Avec quelques techniques, elle transforme un stylo en statue de la liberté au coucher du soleil. Sa télévision lui permet de recréer la fenêtre d'un van... Son but est de varier ses effets et de casser sa routine. 
 


"Ça nous fera de beaux souvenirs", estime la Lilloise, maman d'un bébé de quelques mois. La famille devait vivre ses premières vacances en famille à Majorque ce printemps. Ils devront s'évader depuis leur salon, en partageant leurs aventures sur les réseaux sociaux
 
 

À Winnezeele, la série "Derrière votre fenêtre" fait ressortir de meilleur du confinement 

 


Depuis le début du confinement, Monika Takacs Tolosa photographie des familles ou des personnes seules à travers leurs fenêtres. Tout commence il y a quelques semaines : l'institutrice de Winnezeele, aussi photographe professionnelle, suit une femme enceinte sur un autre projet photographique. Devant la peur de lui transmettre le virus, les deux femmes réalisent une séance photo à travers la vitre du domicile de la future mère. 
 

Très vite, la photographe prend des clichés de ses amis à travers leurs vitres. Son projet prend alors une toute autre ampleur. "J'ai peu de souvenir d'enfance mais je me souviens bien des images de la chute du mur de Berlin. Je crois que nous vivons un moment historique alors je veux immortaliser ces instants", témoigne-t-elle. 
 

La contrainte de la fenêtre ne la gène pas vraiment puisqu'elle utilise les reflets pour ses photos. Contre toute attente, cette distanciation sociale lui permet d'être proche de ses sujets, plus libérés que lorsqu'ils la font entrer dans l'intimité d'un logis. La demande est telle qu'elle photographie maintenant des familles d'inconnus, désireuses d'immortaliser cette période de leur vie, qui la contacte sur Facebook. "Ça leur fait du bien", assure la photographe.

Deux fois par semaine, elle sort photographier 6 à 7 foyers, en privilégiant les familles de soignants. "Les gens ont du mal à comprendre que je ne fasse pas payer les photographies", explique la professionnelle qui dit travailler pour "l'histoire avec un grand 'H'".
 
 


Il y a quelques jours, Monika  Takacs Tolosa a cassé son objectif préféré en tombant lors d'une séance photo. Très vite, des personnes qu'elle avait photographiées ont ouvert une cagnotte pour qu'elle puisse s'en racheter un nouveau.
 

À Louvroil, des étudiants racontent leur confinement en roman photo

 


"Utiliser l'image pour ne pas perdre le lien", c'est l'idée de cette professeure d'arts appliqués près de Maubeuge. Hélène Machin incite ses étudiants à se prendre en photo et à se raconter en confinement à travers l'objet un peu disparu mais ludique du roman photo. À travers les 77 pages du livre consultable sur le web, les adolescents d'à peine 20 ans se racontent : solitude, fainéantise, réconfort... "J'ai même découvert des étudiants avec qui j'échange moins en vrai", se réjouit le professeure. 
 


Les étudiants avaient déjà travaillé sur le masque avant de s'attaquer au confinement. Le roman photo a permis aux élèves de se familiariser avec ce format "désuet alors qu'on en voyait plein dans les années 80", explique Hélène Machin. 

 
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