Douai : un an de prison ferme pour le policier qui avait volontairement renversé un mineur

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Écrit par Yacha Hajzler

L'ancien chef de la BAC de Douai a été condamné à 2 ans de prison, dont un ferme, et une interdiction d'exercer. En septembre 2021, il avait volontairement percuté un jeune de 17 ans, puis lui avait roulé sur les jambes.

L'ancien chef de la Brigade Anti Criminalité (BAC) de Douai a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme, ce 8 février 2022. Il a également été interdit définitivement d'exercer le métier de policier par le tribunal correctionnel de Douai, un verdict conforme aux réquisitions initiales du parquet.

Le 12 septembre 2021, l'homme avait renversé un jeune homme de 17 ans, avant de rouler sur ses jambes. La victime, un jeune "guetteur" pour des trafiquants de Dorignies, a de nouveau expliqué s'être enfuie en voyant arriver une Ford break, connue dans les quartiers comme les véhicules de la BAC. Une course-poursuite s'est engagée, avant que le policier ne décide d'y mettre fin en percutant le jeune homme. "Ils m'ont roulé dessus", a-t-il amèrement résumé lors de l'audience. Cette version a été confirmée par plusieurs témoignages, et par l'analyse du véhicule de l'accusé. 

Une méthode d'interpellation "des plus classiques" selon l'avocat

Suite à cet incident grave, le policier avait produit un faux procès-verbal affirmant que sa victime avait sauté d'elle-même sur le capot. Il a maintenu cette version lors de son procès, malgré les éléments contredisant clairement cette thèse. Son avocat, Me Emmanuel Riglaire, a estimé pour sa part qu'il s'agissait là d'une technique d'intervention "des plus classiques". 

Selon l'AFP, la présidente du tribunal correctionnel de Douai, Karoline Siejka, a regretté une "absence totale de remise en question" du prévenu de 47 ans, malgré "un comportement d'une particulière gravité (...) incompatible avec la fonction de policier." 

L'ancien chef de la BAC aura la possibilité de bénéficier d'un aménagement pour sa peine ferme, qui pourra prendre la forme d'une détention à domicile sous surveillance. Il sera également dans l'obligation de dédommager sa victime. Son avocat, Me Riglaire, a confirmé auprès de France 3 que l'ex-policier avait d'ores et déjà fait appel.