Procès du braquage d'un fourgon blindé : 20 ans requis contre Faïd, pas de peine pour Hornec

L'avocat général a rendu ce mardi à Douai ses réquisitions dans le procès du braquage d'un fourgon blindé en 2011. Il a demandé 20 ans de prison pour Redoine Faïd. Mais il n'a pas retenu d'accusation contre Fabrice Hornec, l'autre principal accusé.

Redoine Faïd (à gauche) et Fabrice Hornec (à droite) le 9 octobre 2017 aux assises du Nord, à Douai.
Redoine Faïd (à gauche) et Fabrice Hornec (à droite) le 9 octobre 2017 aux assises du Nord, à Douai. © France 3 Nord Pas-de-Calais
Vingt ans de prison ont été requis à l'encontre de Redoine Faïd jugé devant la cour d'assises du Nord pour l'attaque d'un fourgon blindé dans le Pas-de-Calais en 2011, tandis que l'avocat général n'a pas retenu d'accusation à l'encontre de Fabrice Hornec.

Une peine de quinze années de réclusion a aussi été requise à l'encontre de Saïd Agouni, considéré par l'enquête comme le logisticien de l'attaque, et des peines de trois à sept ans ont été demandées pour trois autres accusés.

Au premier jour de leur procès, le 9 octobre, les six accusés s'étaient déclarés innocents.


"Ils ne pouvaient pas dire l'inverse : si l'un des participants de cette association de malfaiteurs reconnaît sa culpabilité, il fait tomber tous les autres", a estimé mardi l'avocat général, Luc Frémiot, lors de son réquisitoire de deux heures.

Selon l'enquête, le 17 mars 2011, un commando armé de "cinq à six individus" a attaqué à l'explosif un fourgon blindé de la société Loomis sur une route nationale du Pas-de-Calais.

Un braquage "minutieusement préparé"

Ce braquage a été "d'une extrême violence" "tout a été fait pour terroriser les victimes qui portent encore les stigmates qu'elles ont pu subir", a estimé l'avocat général.

Au cours de ce procès, "des choses se sont imposées, comme le rôle de Saïd Agouni". Il est "la base de cette affaire", "le fil rouge", "l'homme d'orchestre", "tout converge vers lui", a-t-il insisté. Agouni, qui comparaît libre, fixe l'avocat général sans jamais détourner le regard.

Mais, derrière ce braquage, "minutieusement préparé", c'est "la signature" de Redoine Faïd "que nous voyons", a poursuivi Luc Frémiot avant de lister les indices pesant sur l'accusé, lequel, un an avant les faits, affirmait pourtant être repenti dans son autobiographie "Braqueur : des cités au grand banditisme".


"Quand vous avez écrit ce livre, je peux croire que vous pensiez que cela allait vous permettre de vous tourner vers d'autres opportunités, comme le cinéma. Mais le problème, c'est que vous avez vite compris que ça n'arriverait pas. Et là, on peut comprendre que vous avez rebasculé dans les habitudes qui sont les vôtres...", a lancé M. Frémiot à Faïd, déjà condamné pour des affaires de braquage.

Concernant Fabrice Hornec, considéré par l'enquête comme l'un des personnages principaux de ce braquage, l'avocat général n'a "aucun élément matériel" contre lui. Ainsi, "je ne pourrai pas requérir contre vous une peine criminelle" étant "incapable de démontrer votre culpabilité", a-t-il dit.


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