Coronavirus : à Coudekerque-Branche, 2 élus hospitalisés, 5 contaminés, 10 confinés à cause des élections municipales ?

Image d'illustration / © F.GILTAY
Image d'illustration / © F.GILTAY

La moitité du Conseil municipal de Coudekerque-Branche est touché plus ou moins par le coronavirus. Y-a-t-il un lien avec les élections municipales ?

Par Jean-Louis Manand

"La démocratie n'a pas de prix, mais elle a un coût." Voilà le message posté ce matin par le maire (DVG) de Coudekerque-Branche (ville de 22 000 habitants près de Dunkerque dans le Nord), David Bailleul. La moitié des 35 nouveaux élus de son conseil municipal est frappée par l'épidémie. Deux élus - dont un âgé de plus de 70 ans - sont hospitalisés dans un état grave à Dunkerque ; cinq sont "positifs" au Covid 19 ; dix sont malades (fièvres, toux et fatigue) et sont confinés chez eux. 

"Ça ne me parait pas incohérent d'affirmer que ces élus ont été contaminés durant le premier tour de l'élection municipale, explique David Bailleul. On est une dizaine de jours après le 15 mars. Tous les membres de la liste étaient présidents ou vice-présidents dans un des 17 bureaux de vote de Coudekerque. Et même en tenant compte de l'abstention, et même si beaucoup de précautions avaient été prises, chacun a vu défiler devant lui entre 400 et 500 personnes." 
 


Pas de polémique


David Bailleul ne veut pas polémiquer. "Ce que je souhaite, c'est rendre hommage à ces élus municipaux, aux presque 600 000 élus municipaux en France, qui ont fait leur devoir. Et qui continuent de le faire, comme les personnel de santé, les caissières des supermarchés, tous ces gens qui sont en première ligne."

Ce jeudi matin, David Bailleul tenait une réunion en vidéo-conférence avec d'autres maires de la Communauté Urbaine de Dunkerque (20 communes, 210 000 habitants) : "On avait tous des têtes de déterrés."
 

Partout en France, les bénévoles et les élus qui ont participé à la campagne électorale et au premier tour des municipales ont été sérieusement touchés par la propagation du coronavirus.

Des mesures de protection ont été prises -du gel hydroalcoolique, des gants, pas de file d'attente...- mais ça n'a pas suffi. Dix jours après le premier tour, des volontaires sont positifs au virus et leur colère ne faiblit pas contre la décision de maintenir le scrutin.
 
Le premier tour a mobilisé plusieurs centaines de milliers de personnes dans le pays pour organiser le scrutin. Si le lien n'est pas clairement établi entre ces contaminations et les opérations de vote, la pandémie a également fait des dégâts parmi ceux qui ont fait campagne pendant parfois plusieurs mois. 
 

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