Reprise de Tim à Quaëdypre par un homme d'affaires bulgare : FO et la CGT portent plainte pour escroquerie

© FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Dix représentants CGT et FO du fabricant de cabines d'engins de chantiers Tim implanté à Quaëdypre (Nord), qui pourrait être mis en liquidation judiciaire jeudi, ont déposé une plainte pour escroquerie visant la reprise de la société en 2017 par l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov.
 

Par AFP

"La société Tim a déposé le bilan et fait l'objet d'un rachat en 2017. Le tribunal de commerce avait dit que c'était la société Atlas qui allait reprendre, mais en réalité M. Filipov voulait être personnellement l'acquéreur des parts", a résumé ce vendredi l'avocat des salariés, Me David Brouwer. "On a découvert dans le cadre d'une expertise comptable que la société Atlas lui a rétrocédé les parts pour un euro symbolique, contre l'avis du tribunal de commerce", a-t-il poursuivi.

Dans la plainte contre X déposé mercredi, que l'AFP a pu consulter, les dix salariés estiment que les "opérations rendant à faire croire au tribunal de commerce que le groupe Atlas ou la société GMBH Atlas se portait acquéreur de la société Tim pour obtenir un jugement de cession, puis en mettant en place des manoeuvres pour faire sortir la société Tim de la propriété de la société GMBH Atlas et du groupe Atlas sont constitutives d'une escroquerie au jugement."

Les plaignants affirment également que ces opérations constituent un abus de biens sociaux, que les cotisations salariales ont été détournées pour acquérir des matériaux dans l'entreprise et que la société a manqué à ses obligations en matière de sécurité. La société Atlas, que M. Filipov contrôle, avait repris l'entreprise Tim en juillet 2017, conservant 446 des 470 emplois. Tim, présidée par M. Filipov, emploie à ce jour 304 salariés, après qu'une centaine de salariés sont partis à l'été 2018 dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective.
 

Le géant américain des engins agricoles, de chantier et de construction Caterpillar est son principal client. "La mise en liquidation judiciaire de l'entreprise Tim se précise de jour en jour ! 304 familles à l'approche des fêtes de fin d'année vont se retrouver dans une situation précaire", s'inquiètent dans un communiqué les délégués syndicaux FO et CGT.

En difficultés financières, l'entreprise a été placée fin août en redressement judiciaire, à sa demande, et pourrait être mise en liquidation judiciaire jeudi. Selon Me Brouwer et Olivier Crespin, délégué CGT, la société Sépode basée en Normandie a retiré son offre de reprise de 40 salariés. Sépode n'était pas joignable ce vendredi après-midi.
 

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