Grande-Synthe : sept migrants retrouvés sains et sauf dans un camion à moins de 25 degrés

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Écrit par Emeline Cocq

Le chauffeur du poids lourd a donné l’alerte après avoir entendu du bruit. Une situation qui aurait pu être "beaucoup plus grave".

Ils s’en sont sortis indemnes. Vendredi 21 janvier, vers 23 heures, sept migrants d’origine irakienne dont une famille avec un enfant de 14 ans, ont été retrouvés sains et saufs par la police dans la remorque d’un camion frigorifique sur l’autoroute A16 à Grande-Synthe, dans le Nord, selon l’AFP.

C’est le chauffeur du poids lourd, réfrigéré à moins de 25 degrés, qui aurait signalé leur présence à la police après avoir entendu du bruit. Toujours selon l’AFP, il a été placé en garde à vue mais rapidement "hors de cause" par le procureur de la République de Dunkerque, Sébastien Piève.

Selon les premiers éléments de l’enquête, confiée à la police des frontières, les migrants seraient montés dans le camion à l’insu du conducteur en Belgique. Sans la réaction de ce dernier, l’incident aurait pu s'avérer "beaucoup plus grave", selon le magistrat.

Une situation "qui n’a jamais cessé"

Une situation que les membres de l’association d'aide aux migrants Utopia56 ne connaissent que trop bien. "On reçoit beaucoup d’appels de détresse de migrants transis de froid dans des camions frigorifiques, explique Anna Richel, coordinatrice Utopia56 à Grande-Synthe. Des fois, ils sont dans un camion normal mais ils ont du mal à respirer, et d’autres fois, c’est parce qu’ils chutent en essayant de monter dans un camion".

Malgré l’explosion du nombre de traversées en bateau pour tenter de rejoindre l’Angleterre en 2021, ce genre de tentatives par camion pour passer la frontière "a diminué sans pour autant jamais cessé" selon l’association. "Les contrôles ont augmenté et la présence policière est plus forte qu’avant, précise Anna Richel. Ce qui n’empêche pas des personnes désespérées de continuer. Elles estiment qu’elles n’ont pas le choix car aucune autre solution qui soit légale".

Pour éviter que les accidents ne se répètent – comme à Calais en septembre 2021, avec la mort d’un jeune soudanais écrasé par un camion – l’association donne un numéro d’urgence aux migrants à l’occasion des maraudes.