Migrants à Grande-Synthe : la préfecture "confirme son opposition" à la création de points d'accueil fixes

Le préfet du Nord, Michel Lalande, a réagi ce mardi 12 janvier aux déclarations de plusieurs élus du Nord qui, quelques jours plus tôt, dénonçaient les conditions de vie de migrants à Grande-Synthe. 

Expulsion d'un camp de migrants à Grande-Synthe (Nord), le 29 décembre 2020.
Expulsion d'un camp de migrants à Grande-Synthe (Nord), le 29 décembre 2020. © Louis Witter / Le Pictorium/MAXPPP

Une réaction sous forme de "précisions". Samedi 8 janvier, plusieurs élus PS et EELV du Nord prenaient position, dénonçant des conditions de vie de migrants à Grande-Synthe, selon eux, "indignes d'un pays tel que la France". Cinq jours plus tard, le préfet a souhaité défendre la politique en vigueur dans le département, par le biais d'un communiqué diffusé par la préfecture.

Les opérations d’évacuation qui sont organisées plusieurs fois par semaine sur le littoral dunkerquois sont toutes mises en œuvre sur le fondement de décisions du tribunal judiciaire ; la force publique prêtant son concours à leur exécution. Elles s’accompagnent systématiquement de propositions d’hébergement, assorties d’un suivi médical et administratif des personnes.

Michel Lalande, cité par communiqué

Les autorités de l'Etat recensent 4.900 personnes intégrées à ces dispositifs l'année passée, "dont 91 mineurs non accompagnés". Ainsi, assure la préfecture, "les capacités d’accueil atteignent aujourd’hui un niveau sans précédent" : 883 places en ce qui concerne les migrants présents sur le littoral le 5 janvier, "qui sont aujourd’hui de nature à répondre aux besoins". 

Les élus qui s'étaient rendus à Grande-Synthe, où ils avaient reporté la présence de 200 à 300 migrants vivant "au sol, dans le froid, dans la boue", réclamaient notamment l'organisation de "points d'accueil de dimension modeste, répartis tout le long du littoral". Une proposition écartée par la préfecture, qui "confirme son opposition résolue à organiser un et a fortiori plusieurs points d’accueil fixe à proximité du littoral pour des raisons tenant tant à la sécurité des personnes, qu’à l’ordre public et à la lutte contre les réseaux criminels".

Selon les décomptes des associations, un millier de migrants se trouveraient actuellement entre Calais et Grande-Synthe. Le nombre de tentatives de traversées de la Manche a été multipliée par quatre en 2020 pour s'établir à 9.500 d'après les chiffres des autorités. Depuis le début de l'année, au moins 66 personnes ont déjà été secourues en mer alors qu'elles tentaient d'atteindre l'Angleterre. 

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