Jean d'Ormesson : “La mort doit être délicieuse”, nous confiait l'académicien en 2010

L'académicien Jean d'Ormesson, en janvier 2017. / © JOEL SAGET / AFP
L'académicien Jean d'Ormesson, en janvier 2017. / © JOEL SAGET / AFP

L'académicien Jean d'Ormesson est mort dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 92 ans. Nous vous proposons de revoir l'entretien qu'il nous avait accordé en 2010 à l'occasion de la sortie de son livre "C'est une chose étrange à la fin que le monde".

Par M. F. avec AFP

Jean d'Ormesson, le doyen des immortels de l'Académie française et archétype de l'écrivain à la française, est mort à l'âge de 92 ans. 

Le romancier est décédé dans la nuit de lundi à mardi d'une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a précisé à l'AFP sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. "Il a toujours dit qu'il partirait sans avoir tout dit et c'est aujourd'hui. Il nous laisse de merveilleux livres", a-t-elle ajouté entre deux sanglots.

Jean d'Ormesson connaissait bien notre région. Il avait épousé en 1962 Françoise Béghin, originaire de Thumeries, fille du patron de presse et fondateur des sucreries Béghin-Say.

L'an dernier, l'écrivain s'était beaucoup dévoilé dans un beau et poignant roman autobiographique au titre en forme d'épitaphe : "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle". 

Nous l'avions reçu quelques années plus tôt sur le plateau du 12/13 de France 3 Nord Pas-de-Calais, à l'occasion de la sortie d'un précédent ouvrage, "C'est une chose étrange à la fin que le monde".

Nous vous proposons de revoir son entretien avec Laurent Navez, c'était en 2010.

Jean d'Ormesson : "La mort doit être délicieuse", nous confiait l'académicien en 2010
L'académicien Jean d'Ormesson est mort dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 92 ans. Nous vous proposons de revoir l'entretien qu'il nous avait accordé en 2010 à l'occasion de la sortie de son livre "C'est une chose étrange à la fin que le monde".  - France 3 Nord Pas-de-Calais - Laurent Navez

"J'ai beaucoup aimé la vie"

"Qu'est-ce que nous faisons là ? Où allons-nous ?", interrogeait alors l'académicien. "Et la réponse 'où allons-nous', nous la connaissons. Nous allons vers notre mort."

"Vous savez, j'ai beaucoup aimé la vie et il est très possible qu'il n'y ait rien d'autre que cette vie", ajoutait-il. "Je suis agnostique, je doute. Je ne sais pas. Peut-être qu'il n'y a rien d'autre que cette vie. Mais il est peut-être permis aussi d'espérer qu'il y a autre chose."

À la question, "est-ce que vous avez peur de la mort ?", il répondait : "Non pas du tout. Vous savez, mourir ne doit pas être très agréable. Mourir doit être pénible. La mort doit être délicieuse. On ne rate plus son train, on n'a plus besoin de gagner de l'argent, on n'a plus de chagrin d'amour. Tout ça, c'est épatant !"

"Mais évidemment, qu'est-ce que nous devenons après la mort ? Est-ce qu'il y a un Dieu ? Voilà les questions que je pose."

Homme brillant, espiègle, volontiers séducteur derrière son regard bleu malicieux, l'ancien directeur général du Figaro était un homme résolument de droite mais aussi un amoureux fou de l'oeuvre du poète et communiste Louis Aragon.

"Jean d'O", comme il était surnommé, restera surtout comme l'un des plus grands écrivains populaires français. Tous ses livres figuraient sur les listes des meilleures ventes. L'annonce de sa mort a provoqué de nombreuses réactions.

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