La SNCF renonce à supprimer 140 trains dans les Hauts-de-France

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Écrit par Claire Giroud .

Le plan de transport adapté de la SNCF prévoyait la suppression de 140 trains dans les Hauts-de-France. Il devait entrer en vigueur le 24 octobre. Face à la colère des usagers et de nombreux élus, la SNCF a décidé de faire marche-arrière.

"Nous avons obtenu de la SNCF l’annulation du Plan de Transport Adapté". Voilà ce qu’a twitté ce mercredi Franck Dhersin, le vice-président de la région Hauts-de-France en charge des mobilités. C’est donc à la suite d’une conversation entre le président de région Xavier Bertrand et le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, que la décision a été prise : l’abandon de ce projet massif de suppression de trains dans la région.

La SNCF prévoyait de supprimer 140 trains dans les Hauts-de-France, à partir de lundi 24 octobre. Cela représentait 10% des trains en circulation au quotidien dans la région. Certaines lignes risquaient d’être tout particulièrement impactées, notamment aux heures de pointe, comme Saint-Quentin - Compiègne - Paris, Amiens - Compiègne ou encore Saint-Quentin - Amiens. Au lieu de cette véritable saignée, la SNCF a revu ses ambitions à la baisse. En clair, au lieu de voir disparaître 140 trains de façon officielle, les usagers devront continuer de subir de façon aléatoire l'annulation de 50 à 85 dessertes par jour. 

Pourquoi vouloir supprimer des trains ?

La SNCF doit faire face à de véritables carences en matière de ressources humaines. Il manque 65 conducteurs de train sur l’ensemble du réseau des Hauts-de-France. C’est ce qui a conduit la SNCF à tenter d’adapter son plan de transport. Depuis des mois déjà la SNCF supprime quotidiennement des dizaines de dessertes, et les usagers ont généralement l’information la veille ou le jour-même. Ce plan avait donc pour vocation de graver dans le marbre ces suppressions, avec des horaires revus à la baisse mais stables. L’objectif était aussi de respecter les termes de la convention qui lie la SNCF à la région Hauts-de-France en ne dépassant pas plus de 3% de suppressions de trains contre 8 à 9% en ce moment.

"J'étais incrédule en apprenant la nouvelle ! Maintenant je suis soulagée, mais je reste très vigilante"

Nathalie Berthe

Usagère des TER Hauts-de-France

Parmi les usagers de ces lignes très impactées par les annulations quotidiennes, Nathalie Berthe est infirmière à Paris. Elle prend son train tôt le matin à la gare de Compiègne. "J'étais incrédule en apprenant la nouvelle de cet abandon par la SNCF de ce plan de transport adapté. Aujourd'hui je suis soulagée mais je reste vigilante." Nathalie Berthe fait partie de ces usagers qui se se sont mobilisés pour faire entendre leur voix, notamment auprès des élus de l'Oise et de la région Hauts-de-France. "On craint à présent que la SNCF supprime des trains mais de façon dissimulée. Nous on veut juste aller travailler dans de bonnes conditions, assis, à l'heure et dans une bonne ambiance." 

"Rien n'est réglé !"

Franck Dhersin

Vice-président Région Hauts-de-France

Selon Franck Dhersin "rien n’est réglé. On a sauvé les gros trains du matin mais il y aura toujours des suppressions quotidiennes. Nous sommes pourtant le 2e réseau ferroviaire de France. Dans un contexte de transition écologique où chacun est invité à favoriser les transports les moins polluants, c’est l’incompréhension."

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