Jean-Marie Le Pen menace d'aller au congrès du FN à Lille, en recourant à “la force publique”

Jean-Marie Le Pen, le 11 décembre 2012 à Versailles. / © MAXPPP
Jean-Marie Le Pen, le 11 décembre 2012 à Versailles. / © MAXPPP

Jean-Marie Le Pen, joint par l'AFP, a menacé vendredi de se rendre au congrès du Front national en mars en recourant à la "force publique", après une décision de justice qui confirme son exclusion du parti politique mais le maintient à sa présidence d'honneur.

Par AFP

"A priori je devrais aller" au congrès du FN prévu les 10 et 11 mars à Lille, a déclaré le cofondateur du parti d'extrême droite, qu'il a présidé de 1972 à 2011, avant de passer la main à sa fille, Marine Le Pen, seule candidate à sa propre succession en mars. "J'ai suffisamment de partisans au Front national pour n'avoir pas besoin de la force publique. Mais s'il était nécessaire de le faire, pourquoi pas", a-t-il ajouté, après que la direction du FN a affirmé qu'elle lui interdirait l'accès au congrès au motif qu'il n'est plus adhérent.

Il a ensuite modéré ses propos sur RFI. "Je n'aurai pas le ridicule de me faire accompagner par la force publique, même si j'en ai le droit puisque je compte, je crois, suffisamment d'amis et de soutiens au sein du FN pour pouvoir aller librement au congrès", a-t-il déclaré à cette radio. "Ca mettrait Marine Le Pen dans une situation médiatiquement difficile", a déclaré à l'AFP M. Le Pen, exclu par sa fille en 2015 après de nouveaux propos polémiques sur la Shoah.

"Si jamais je suis interdit de congrès, c'est une violation absolue des décisions des tribunaux et de la cour", selon le co-fondateur du FN. Jean-Marie Le Pen a qualifié de "bonne nouvelle" la décision de la cour d'appel. Cette fonction honorifique de président d'honneur lui permet théoriquement de participer notamment aux bureaux politiques du parti. "J'ai gagné mon énième procès contre Marine Le Pen et le Front national. Je les ai gagnés tous sans exception jusqu'à présent", s'est-il félicité. "Je reste président d'honneur, avec les prérogatives qui s'attachent à la fonction. On doit me convoquer au congrès, on doit me convoquer dans les bureaux politiques, (...) dans tous les organismes du mouvement où j'ai le droit de siéger", a-t-il fait valoir, en soulignant que la cour d'appel avait "alourdi les dommages et intérêts d'une part et d'autre part les astreintes" en cas de non convocation.

Si les adhérents au congrès votent la réforme prévue des statuts, qui supprime la fonction de président d'honneur, "ça ne m'empêchera pas d'être président d'honneur. Je n'aurai plus les prérogatives mais ce titre je le garderai", a affirmé M. Le Pen.

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