VIDÉO. Municipales à Lille-Hellemmes : être une commune associée est-il un frein ou un atout ?

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Depuis 1977, Hellemmes est une commune associée à Lille. Elles ont été rejointes par Lomme en 2001. Ce mariage à trois est-il une opportunité ou un handicap pour les deux petites sœurs de Lille ? En pleine campagne électorale, certains partis veulent remettre ce statut en cause.

Par Myriam Schelcher

Le Nord et le Pas-de-Calais comptent une dizaine de communes associées. Elles sont deux à Bruay-la-Buissière, cinq dans l’agglomération dunkerquoise, et trois à Lille.

La plus ancienne, Hellemmes, affiche 43 ans de vie commune avec la capitale des Flandres, 19 avec Lomme. Un mariage à trois régulièrement remis en question, notamment au moment des campagnes électorales.

 

Des ambitions revues à la hausse


Le maire de la ville de 18 249 habitants y voit au contraire une opportunité. Franck Gherbi, candidat à sa réélection, nous emmène sur le site de la future médiathèque. Ce vieux serpent de mer de la vie politique locale, enfin sur les rails, est sa fierté.

Elle prendra place dans une ancienne ferme au cœur de la ville. Les premiers coups de pioche seront donnés en avril.

 

Hellemmes : être une commune associée est-il un frein ou un atout ?

"On peut se permettre, et rêver, et mettre en place des choses bien plus importantes quand on est une commune de 200 000 habitants que quand on est 18 000 habitants. Donc ce beau projet de médiathèque d’Hellemmes a une dimension supérieure grâce à l’association, c’est certain", se réjouit l’édile.

 

Dotations de l’Etat plus importantes


L’association de  Lille, Hellemmes et Lomme a en effet permis à ces trois villes de passer la barre des 200 000 habitants (232 741 au dernier recensement), un seuil qui augmente de façon significative les dotations de l’Etat. Et donc, selon l’édile hellemmois, d’avoir beaucoup plus d’ambitions.
 

"Pour le contribuable aussi, c’est une bonne chose", complète Franck Gherbi. éCela permet des économies d’échelle. Prenons l’exemple des achats informatiques : on n’a pas les mêmes prix quand on commande pour 200 000 habitants que pour 18 000 ». Le maire évoque aussi l’intérêt de mutualiser les services, la police municipale notamment,  de partager les frais de fonctionnement.

Les trois communes associées ont fusionné leur budget, tout comme leurs recettes fiscales. C’est Lille qui reverse leur enveloppe budgétaire à ses petites sœurs.

 

Un conseil communal consultatif à la solde de Lille ?


Et c’est là que le bât blesse, pour certains candidats aux élections municipales. Le Rassemblement national et la France insoumise dénoncent de concert un conseil communal qui ne serait que consultatif. Hellemmes serait « la petite soeur pauvre de Lille », soumise à à ses décisions arbitraires de retoquer telle ou telle délibération hellemmoise.

Dans un article publié par nos confrères 20 Minutes en octobre dernier, Lucas Fournier et Gisèle Hubert, chefs de file du collectif "Décidez pour Hellemmes" soutenu par LFI ont été jusqu’à dénoncer "un conseil communal consultatif d’épouvantails subordonnés au bon vouloir des notables qui tiennent aujourd’hui le beffroi de Lille".

Lors d’un café débat, Lucas Fournier, persiste et signe : "Derrière, c’est le conseil municipal de Lille qui tranche, et peut très bien aller à contre-courant de ce qu’ils veulent à Hellemmes. C’est complètement anti-démocratique », assène l’étudiant de 20 ans investi par LFI pour mener la bataille municipale hellemmoise."

Si elle est élue, La France insoumise promet aux Hellemmois.ses. un référendum d’initiative populaire sur la question.

Elle dénonce aussi un budget au rabais, qui n’aurait pas évolué depuis 2014, de 3,8 millions d’euros. Il ne s’agit en réalité que du budget de fonctionnement, très inférieur à celui de Lomme (8,3 millions).

 

Hellemmes serait-elle plus riche autonome ?


Mais cette dernière, associée depuis beaucoup moins longtemps à la grande sœur lilloise, est aussi beaucoup moins intégrée. Lomme dispose encore par exemple de sa propre police municipale, ce qui n’est pas le cas d’Hellemmes et de Lille, qui ont mutualisé leurs services.

Les charges de personnels donc, pèsent beaucoup moins sur le budget d’Hellemmes que sur celui de Lomme. D’où ce budget moindre, sans rapport avec les dotations d’investissement allouées en fonction des projets, comme celui de la médiathèque (2,3 millions d’euros prévus).

Hellemmes serait-elle en définitive plus riche si elle était autonome ? Les habitants pourront donner leur avis le 15 mars prochain, en choisissant parmi les 6 listes en présence.

Comme les Lommois, ils glisseront ce jour-là deux bulletins dans deux urnes séparées, un pour le conseil municipal de Lille, un autre pour le conseil communal, une  particularité des communes associées.
 

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