Retraites : à Lille, des centaines d'avocats jettent leur robe à terre et bloquent le palais de justice

Quelques centaines d'avocats en grève ont bloqué ce jeudi matin les entrées du tribunal de grande instance de Lille, empêché la tenue des audiences et jeté leurs robes à terre pour protester contre la réforme des retraites.

Par YF avec AFP

En fin de matinée, une vingtaine d'avocats formaient toujours un cordon devant le palais de justice alors qu'entre 200 à 300 assistaient à une assemblée générale dans une salle d'audience bondée. 

Dès 8h45, "plus de 300 confrères ont bloqué le palais" pour "exiger la pérennité de leur régime autonome", explique l'un des grévistes, Me Dimitri Bétremieux. Ils ont ensuite symboliquement jeté, peu avant 10h00, leurs robes dans le hall principal.
 

"Notre régime ne coûte rien à personne et nous redistribuons chaque année près de 100 millions d'euros au régime général ! Le gouvernement est sourd, ment en disant que le dialogue est ouvert alors que nous ne sommes jamais reçus et c'est pourquoi nous sommes obligés de bloquer", argue Me Bétremieux.

Une intégration au système universel voulu par le gouvernement se traduirait "par un doublement de nos cotisations d'un taux de 14% à un taux de 28% du bénéfice net", risquant de provoquer à terme "la fermeture de plus d'un tiers des cabinets de France", déplore-t-il. "Les avocats qui seront le plus touchés sont ceux qui ont le chiffre d'affaires le plus faible", autrement dit "ceux qui défendent monsieur tout le monde, les plus précaires", regrette aussi Aurélie Lebel, présidente de la commission famille du syndicat des avocats de France.
 

"On ne se bat pas que pour les retraites mais aussi pour les moyens de la justice, qui est en voie de clochardisation. A Lille, il nous manque 30% des effectifs nécessaires pour les magistrats et greffiers, tout le monde est débordé, saturé !", poursuit-elle.

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, recevra vendredi matin des représentants de la Conférence Régionale des Bâtonniers des Hauts de France (COBHAF), s'est par ailleurs réjoui le bâtonnier de Saint-Quentin Jérôme Lavalois, espérant "qu'il se fera le relais politique des revendications de la profession".
 

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