15 des 25 lits d’un service des urgences du CHU de Lille temporairement fermés faute de personnel

L’unité d’hospitalisation de courte durée du CHU de Lille, qui compte d'ordinaire 25 lits, est concernée. La direction confirme l'information et évoque les "difficultés actuelles d'effectif médical". La CGT dénonce une situation tendue dans le service et le départ de plusieurs médecins depuis un an.

15 lits sur 25 temporairement fermés, faute de personnel. Les difficultés rencontrées par les services d’urgences partout en France ne sont pas nouvelles, mais cette réduction drastique mise en place depuis ce lundi 11 septembre 2023 au CHU de Lille en est la triste illustration.

Le service concerné s’appelle l’UHCD, comprendre l’unité d’hospitalisation de courte durée. Un service qui sert de tampon entre l’accueil des urgences et l’hospitalisation dans les services d’aval pour les patients qui nécessitent une surveillance rapprochée.

Le départ de médecins mis en cause

Une décision prise "face aux difficultés actuelles d’effectif médical", indique la direction du CHU. Fermer des lits dans ce service plutôt qu’à l’accueil des urgences, un choix assumé pour "garantir l’accès et la prise en charge de tous les patients qui le nécessitent aux urgences adultes", précise le communiqué.

"La situation aujourd’hui, c’est qu’on manque de médecins au CHU de Lille au niveau des urgences", abonde Matthieu Collart, secrétaire général de la CGT au CHU de Lille.

En cause selon le syndicaliste, les démissions de médecins dans le service depuis un an. "La direction avance le chiffre de 10 départs. Nous, on est plus entre 15 et 17. Sans oublier le personnel paramédical qui quitte le service".

Que va-t-il se passer pour les patients qui se présentent aux urgences ?

Même si elle assure que cette réduction des lits n'aura "aucun impact sur l'accès et la prise en charge", la direction du CHU concède que le temps d'attente à l'accueil des urgences pourrait être rallongé.

Matthieu Collart, lui, est plus partagé. "Ce qui se passe, c’est que si vous avez de la chance, vous allez avoir des services qui vont être en capacité d’ouvrir des lits tampons. Sinon, vous n'allez pas pouvoir être hospitalisé, vous allez donc être renvoyé vers la médecine de ville ou vers d’autres prises en charge plus tardives", déplore le secrétaire général de la CGT au CHU de Lille.

L’ensemble de la communauté du CHU de Lille ainsi que les organismes de tutelles sont mobilisés afin que cette situation soit la plus brève possible.

Extrait du communiqué de la direction du CHU de Lille

Impossible également de savoir combien de temps la suppression temporaire de 15 des 25 lits va durer, mais la direction assure que "l’ensemble de la communauté du CHU de Lille ainsi que les organismes de tutelles sont mobilisés afin que cette situation soit la plus brève possible".

Une situation tendue depuis plusieurs mois aux urgences

En janvier dernier déjà, nous avions donné la parole aux praticiens hospitaliers des urgences adultes du plus grand hôpital des Hauts-de-France. 25 des 30 soignants qui composent le service étaient sortis de leur devoir de réserve pour alerter le grand public sur la situation "catastrophique" des urgences. Service saturé, attente jusqu’à 18 heures pour les patients dans les couloirs, fermeture de lits d’hospitalisation, conditions de travail fortement dégradées pour les professionnels et démissions en série...

La situation a-t-elle changé depuis ? Les explications données par Matthieu Collart répondent à la question. "De plus en plus, les urgences sont le seul point de chute pour les gens qui n’arrivent pas à trouver une prise ne charge en ville. Vous greffez dessus la situation du personnel. La pénurie de personnel paramédical et maintenant médical fait que fatalement, beaucoup de monde qui arrive et moins de gens pour s’en occuper, ça engorge les urgences. Enfin, ce manque d’effectif fait qu’on ferme des lits dans les services d’aval, et si on n’a pas de lit pour hospitaliser, les gens s’engouffrent aux urgences, y restent longtemps. Avant de conclure. Pour les soignants, la situation est très délicate".