Discothèque : le Macumba d'Englos rouvre après 18 mois de fermeture

La célèbre boite de nuit située dans la banlieue de Lille va fêter les retrouvailles avec son public à partir de ce vendredi 10 septembre.
La façade du Macumba, en 2019.
La façade du Macumba, en 2019. © Macumba

Ce vendredi 10 septembre, la boîte de nuit Macumba, à Englos, un des derniers représentants du genre en France, ouvre à nouveau aux fêtards après 18 mois de fermeture liée à la crise sanitaire. Intitulée "Retrouvailles", la soirée de ce vendredi dégage donc, imagine-t-on, un parfum particulier, de celui qui habille les événements attendus et qui déclenche les réjouissements et les impatiences.

Pourtant, tout dans l'attitude d'Henri Souque, l'un des responsables du lieu - sa voix, son ton et ses déclarations - transpire la tranquillité, le flegme et la sérénité, bref le comportement de celui qui, à 65 ans, a déjà goûté à "quelques années de nuit" et qui sait que les soirées inoubliables savent composer avec l'imprévu. "Nous sommes très contents de la réouverture et de retrouver nos clients", énonce-t-il simplement en assurant aux habitués que la formule du Macumba n'a pas profité du Covid pour varier : "aucun changement", dans la carte ou dans les lieux n'est à attendre ou à déplorer. En 2015, sur notre site déjà, Henri Souque parlait du Macumba comme d'un concept novateur, inventé en revenant d'Algérie, en 1966 : "Le Macumba, c'est autre chose. C'était différent parce que d'une part, c'était luxueux, et d'autre part parce qu'on a inventé le concept de danseuses topless".

Aujourd'hui, il ne s'inquiète que modérément de la suite : "Ça fait 45 ans que nous sommes ouverts donc tout va bien pour nous. Les conséquences du Covid, nous verrons à la fin de l'année. Financièrement, évidemment que ça nous pose problème, mais nous avons bénéficié des plans de soutien de l'Etat aux entreprises", résume le patron qui est là depuis le début, en 1975.

Jean-Paul Belmondo y a tourné en 1976

L'un de ses collègues, Dimitri Derepas, s'était montré plus loquace dans le magazine spécialisé Trax, en mars 2020, peu avant le début de la crise sanitaire donc : "Pour être honnête, je ne sais même pas comment on fait pour être encore là. Les gens ne vont plus en boîte, ce n’est plus la mode. À mon avis, on est en train de vivre l’extinction des discothèques. Les jeunes viennent au Macumba, mais une fois qu’ils se marient, on ne les voit plus pendant des années. Ils ne reviennent qu'après avoir divorcé." 

En attendant un éventuel divorce, les boîtes de nuit peuvent rouvrir depuis le 9 juillet mais le Macumba a attendu la rentrée pour se décider à nouveau à animer les soirées de la banlieue lilloise : "techniquement, nous n'étions pas prêts, notamment au niveau de la sécurité", évacue Henri Souque. Ce vendredi, une vingtaine de salariés travailleront dans la boîte de nuit.

Et combien seront-ils à les accompagner pour continuer à écrire des histoires de fêtes, d'amour et de musique ? Le lieu fourmille évidemment d'anecdotes. Une en particulier trouve un écho dans l'actualité. En 1976, le lieu avait accueilli Jean-Paul Belmondo pour le tournage du film Le Corps de mon ennemi, réalisé par Henri Verneuil. Le Macumba venait d'être créé, un an avant.

Le Macumba est ouvert de 22h30 au petit matin. L'entrée est de 6 euros. Le pass sanitaire est obligatoire. 

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