Écologie, santé, argent, paix : vos vœux pour 2024 sont teintés d'inquiétude

Quels sont vos vœux pour 2024 ? Dans les rares commerces ouverts d'Amiens, devant la gare de Lille ou dans ses parcs, nous sommes allés vous poser cette question et les réponses ne sont pas très optimistes.

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Les rues d'Amiens sont désertes en ce 1ᵉʳ janvier 2024, mais quelques rares commerces attirent ceux qui veulent agrémenter ce lendemain de fête d'un peu de douceur. Derrière leur comptoir, les boulangers sont les premiers à qui les clients transmettent leurs vœux.

À Lille, devant la gare, les fêtards d'un soir rentrent chez eux après avoir écumé les bars. Un peu plus loin, dans un parc, des courageux font leur jogging quotidien. 

Mais que pensent tous ces passants et commerçants de l'année qui s'annonce et que souhaitent-ils pour eux et pour le monde ?

Une année "meilleure que 2023"

C'est la santé qui revient le plus souvent. Est-ce par habitude, ou est-ce le souvenir de la crise sanitaire encore toute proche ? Deuxième réponse, si l'on en croit ce jeune homme devant la gare de Lille. Il souhaite que 2024 soit "meilleure que 2023, par rapport au coronavirus, c'était encore un peu le bo**el. Franchement, j'aimerais reprendre le sport, j'en ai fait moins avec les confinements, j'aimerais reprendre pour être un peu plus épanoui."

D'après l'institut de sondage IPSOS, moins de la moitié des Français, seuls 46% pensent que 2024 sera meilleure que 2023. 

"Les gens sont très inquiets pour l'argent

Au-delà de ses conséquences sanitaires, ce sont les conséquences économiques de la pandémie qui inquiètent Rabiaa Bouchnak, gérante de la boulangerie La tradition du pain à Amiens. "Les gens sont très inquiets pour l'argent, dans ce que l'on se souhaite, c'est ça qui a changé. Ce n'est plus comme avant, les clients parlent de leurs problèmes et se plaignent que tout est cher, regrette-t-elle. Pendant le COVID ça allait mieux, les gens se faisaient encore plaisir, là, on a les conséquences du COVID et les gens vont au moins cher, ils ne commandent plus.

Même son de cloche à la boulangerie Le pain qui fume rue Saint-Roch, dont le gérant nous confie que "La fréquentation est très basse, même en décembre... Les gens achètent même leur pain à la grande surface maintenant." 

L'écologie sur toutes les lèvres 

Du côté de Lille, de nombreux passants souhaitent que la planète aille mieux en 2024. "Plus d'écologie", "moins de pollution", "que l'on arrête de tourner autour du pot au niveau écologique". 

Une préoccupation que confirment les études d'opinion réalisées cette année : d'après le CREDOC, 82% des Français interrogés déclarent que la crise climatique devrait bénéficier d'autant de moyens que la crise sanitaire.

Cette préoccupation arrive en deuxième après la violence et se place avant la pauvreté, en troisième position. Un autre sondage réalisé par l'IPSOS révèle que 80% des Français se disent atteints d'écoanxiété, c'est le plus haut niveau jamais enregistré.

Ces trois dernières années, l'État français a été condamné trois fois pour son inaction climatique. Mais un rapport d'octobre du Conseil économique et social montre que les Français, eux, se disent à 90% prêts à agir pour la transition écologique, même si 37% se sentent freinés dans cet effort par le manque de moyens financiers. 

La paix et l'égalité 

Malgré tout, certains de vos vœux pour 2024 restent positifs. Ce cinquantenaire devant la gare de Lille souhaite ainsi "pour le monde, voir un peu les pays s'accorder (...) la paix, on est au XXIè siècle, je pense qu'il est temps de vivre en paix." À quelques pas de lui, un étudiant aspire à l'égalité, avec "plus d'ouverture aux études pour ceux qui n'y sont pas destinés."

Depuis sa boulangerie d'Amiens, Rabiaa Bouchnak espère "que la France redevienne comme avant, avec les valeurs d'égalité et de fraternité, que le racisme recule." En 2023, plus de 60% des Français pensent que l'origine et la couleur de peau sont encore des facteurs d'inégalité dans le pays. 

Parmi les plus jeunes enfin, nombreux sont ceux qui nous souhaitent de "profiter à fond de la vie." Un peu d'hédonisme qui contraste dans ce début d'année bien pessimiste. 

Avec Léo MARRON / FTV