La friche Saint-Sauveur évacuée à Lille

En application d'une décision du tribunal de Lille datant du 22 août, la préfecture du Nord a ordonné ce mardi 29 août l'évacuation du camp de la friche Saint-Sauveur à Lille. Huit personnes ont été emmenées par les forces de l'ordre. Parmi elles, une femme a été prise en charge par la Protection civile pour des raisons sanitaires.

L'opération a commencé à l'aube ce mardi matin et s'est déroulée dans le calme : huit personnes qui vivaient dans des baraquements ont été évacuées du camp de la friche Saint-Sauveur à Lille, en application de l'ordonnance du tribunal de Lille datant du 22 août. Pour cela, une cinquantaine de policiers ont été déployés sur le site, rue de Cambrai, au niveau de la place Guy de Dampierre.

Parmi les personnes évacuées, une femme a été prise en charge par la Protection civile pour des raisons sanitaires. Une solution d'hébergement temporaire devrait lui être proposée. Les sept hommes ont eux été emmenés au commissariat par les forces de l'ordre : "ce sont des personnes dont on ignore l’identité. Ils n'avaient pas de papier au moment de l'évacuation", explique Christophe Borgus, sous-préfet et directeur de cabinet du préfet du Nord. "On va donc examiner les profils au cas par cas et vérifier s’ils sont en situation régulière ou pas afin d'adapter la prise en charge."

Les associations inquiètes

À quelques mètres de là, une quinzaine de personnes, pour la plupart membres de collectifs et d'associations, ont assisté à l'évacuation du camp. "On est venu pour marquer notre solidarité avec les personnes expulsées. C'est impressionnant de voir un tel déploiement de moyens policiers pour évacuer si peu de personnes", remarque Jack, membre de l'association Parc Saint-Sauveur. "C'est immonde d'expulser des gens dans la misère, tout ça pour pouvoir commencer les travaux sur la friche. On espère que des solutions de relogement leur seront proposées."

Car c'est bien la prise en charge des personnes évacuées dans les prochains jours qui inquiète les militants associatifs, comme Caroline N'Goran, du collectif LHA Saint-Sauveur : "cela fait des mois qu'on alerte les autorités sur les conditions de vie des gens qui habitaient ici, notamment des jeunes filles mineures, droguées. On a participé à des réunions en mairie mais rien n'a vraiment bougé. Ce qu’on voulait, c’est qu’un vrai diagnostic social soit fait. Ce sont des gens en grande précarité mais qui sont capables de s’en sortir. Là, ils ont mis un grand coup de pied dans la fourmilière, donc ça va être compliqué de retrouver ces personnes pour les accompagner."

L'évacuation avait déjà été ordonnée par un juge le 23 juin, puis suspendue par le tribunal de Lille en juillet, avant d'être finalement confirmée fin août. Sur place, une entreprise privée a été mandatée par les autorités pour nettoyer et sécuriser le terrain au cours de la journée.

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