Lille, 1ère étape du Bus du coeur pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires des femmes précaires

Un bus se rendra dans 5 villes de France pour offrir un dépistage des maladies cardio-vasculaires aux femmes précaires. L'opération est permise par le fonds de dotation Agir pour le coeur des femmes et orchestrée par la fondation de la Professeure Claire Mounier-Vehier, cardiologue.

Claire Mouhier Vehier.
Claire Mouhier Vehier. © Bus du Coeur

Sauver la vie de 10 000 femmes à 5 ans,  c’est le pari que s’est donné le fonds de dotation Agir pour le cœur des femmes, en lançant en  septembre 2021 le Bus du Cœur.

Un bus qui se rendra dans 5 villes de France, pour aller à la rencontre des femmes en situation de précarité, et leur offrir un dépistage des maladies cardio-vasculaires afin de les remettre dans un parcours de soins cardio-gynécologique.

Première étape de ce périple santé, Lille est ainsi l’une des villes fondatrices de cette grande action nationale, orchestrée par la fondation du Professeur Claire Mounier-Vehier, cardiologue, et du dirigeant d'entreprises, Thierry Drilhon, "Agir pour le Coeur des Femmes", une fondation qui a fait des maladies cardio-vasculaires chez les femmes, une priorité de santé face à cette urgence épidémiologique.

Un constat alarmant

En France, si la première cause de mortalité en population générale est le décès par cancer (29 %), chez les femmes, la première cause est la maladie cardiovasculaire.

Les maladies cardio-vasculaires tuent chaque jour 200 femmes en France, et 25 000 femmes dans le monde. Dans les Hauts-de-France, la mortalité cardiovasculaire prématurée (avant 65 ans) est 40% plus élevée que la moyenne nationale.

Comme l’explique Claire Mounier-Vehier, les infarctus et les AVC sont sous diagnostiqués et moins bien pris en charge : "Les femmes, particulièrement celles en situation de précarité, ne s’écoutent pas, se déprécient, se négligent, manquent d’informations, n’ont pas accès à la médecine spécialisée... Sous dépistées, sous traitées, insuffisamment suivies voire pas du tout, elles sont à̀ haut risque cardio-vasculaire. Elles ont aussi un sur risque de récidive et de mortalité́ après un 1er accident cardio-vasculaire". 

Les femmes, particulièrement celles en situation de précarité, ne s’écoutent pas, se déprécient, se négligent, manquent d’informations, n’ont pas accès à la médecine spécialisée... Sous dépistées, sous traitées, insuffisamment suivies voire pas du tout, elles sont à̀ haut risque cardio-vasculaire.

Claire Mounier-Vehier

Parce qu’on est encore dans l’idée que les femmes ne sont pas concernées par les maladies cardiovasculaires, cette pathologie et ses symptômes sont méconnues par nombre d’entre elles.

Or de plus en plus, les femmes ont le même rythme de vie, sinon plus, que les hommes. Comme les hommes, elles ne font pas assez ou peu d’activités physiques, sont stressées, fument, et n’ont pas toujours une alimentation équilibrée.

Autant de facteurs qui font qu’en France, les hospitalisations pour un infarctus chez la femme de 45/55 ans augmentent chaque année de 5% . Un véritable phénomène de crise médicale et sociétale, pour lequel il est urgent d’agir, car comme le souligne Claire Mounier-Vehier, "dans 8 cas sur 10, l’accident cardio-vasculaire est évitable !".

Malheureusement depuis plus d’un an de Covid, les cardiologues font face à une hausse inquiétante des maladies cardiovasculaires, notamment chez les femmes. La crise ayant fait chuter les consultations de près de 70 % chez les spécialistes. Or, l’attente provoque un sur-risque, particulièrement marqué chez les femmes qui sous-estiment leurs symptômes

Prévenir plutôt que guérir

Et pour agir, et prévenir, quoi de mieux que d’être au cœur des femmes. C’est l’objectif de cette opération nationale de grande envergure, les "Bus du Cœur",  déployer des bus équipés, dans les quartiers défavorisés des plus grandes villes de France et aller à la rencontre des femmes en situation de précarité sanitaire et sociale.

La deuxième cause  de mortalité pour la femme, c’est le cancer du sein et les autres cancers gynécologiques….il est urgent de remettre ces femmes dans un parcours de soins cardio-gynécologique structuré

Claire Mounier-Vehier

Une grande opération itinérante d'information, de sensibilisation et de prévention sur les maladies cardio-vasculaires, mais également gynécologiques, car Claire Mounier-Vehier le rappelle : "la 2ème cause  de mortalité pour la femme, c’est le cancer du sein et les autres cancers gynécologiques….il est urgent de remettre ces femmes dans un parcours de soins cardio-gynécologique structuré".

Un dépistage encadré en 7 étapes

Parce qu’il est plus que jamais nécessaire d’accompagner ces femmes en situation de précarité, l’étape de Lille est organisée en partenariat avec la Fédération Française de Cardiologie Nord - Pas-de-Calais et la Ville de Lille via les mairies de quartier et les CCAS.

Au sein du Bus du cœur,  ces femmes pourront rencontrer des professionnels de santé pour un dépistage des maladies cardio-gynécologiques, mais également pour obtenir des conseils de prévention, de gestion du stress, d’alimentation, de sommeil, d’activité physique. Notre objectif, précise Claire Mounier-Vehier est de "remettre ces femmes dans un suivi coordonné, en partenariat avec les acteurs locaux".

Si Lille est la première étape de ce bus du Coeur, du 29 septembre au 1er octobre prochain, il ira ensuite à Marseille, Avignon, Saint-Etienne et La Rochelle.

5 villes tests pour cette 1ère année avec l’objectif, l’an prochain, d’une présence dans 20 villes, dont plusieurs dans les Hauts de France.

Un financement solidaire

Au-delà des financements partenariaux dans le domaine de la santé ou du monde de l’entreprise, une action solidaire va permettre de financer cette première tournée régionale du Bus du Cœur.

Plus d’une centaine de  lots prestigieux, visibles sur le site internet Tajan, et  offerts par des personnalités du monde de l’art, du spectacle ou du sport vont être mis aux enchères le 17 juin prochain, lors d’une vente sur internet, sur laquelle aucun frais ne sera perçu.

Autant de vêtements et d’objets donnés par des personnalités sur lesquels vous pouvez d’ores et déjà commencer à surenchérir, pour vous aussi, aider les femmes les plus fragiles à prendre soin de leur santé cardio-vasculaire, tout en n’oubliant pas vous-même d’écouter votre cœur, car comme le rappelle l’écrivaine Christine Clerc. 

"De tout temps, on a appris aux femmes que leur rôle était de "donner la vie" et de préserver et sauver la vie des autres - parents, compagnons, enfants, amis, voisins... Personne n'imaginait qu'elles pouvaient avoir elles aussi le cœur fragile…. Il est temps de nous mobiliser pour le cœur des femmes ! De protéger enfin celles qui sauvent l'Humanité !"

Comment reconnaître les symptômes atypiques de l’infarctus chez la femme ?

Près de la moitié des femmes de moins de 55 ans victimes d’un infarctus du myocarde n’ont pas ressenti le symptôme classique des hommes, la douleur brutale en étau dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire.

Les femmes doivent s’alerter face à d’autres symptômes, plus atypiques, encore méconnus et souvent associés :

  • une sensation d’épuisement ou de grande fatigue,
  • un essoufflement progressif à l’effort,
  • une oppression brutale dans la poitrine
  • une douleur aigue dans le haut du dos, entre les omoplates ou dans le cou
  • des palpitations,
  • des sueurs froides,
  • des symptômes digestifs récurrents : nausées, gêne ou brûlure gastrique…

Ces symptômes peuvent survenir lors des activités quotidiennes ou d’un stress psychologique. Ils peuvent aussi réveiller la nuit et être associés à une sensation d’angoisse, qui est souvent un bon signal d’alarme.

Soyez-y particulièrement vigilante lorsque vous cumulez plusieurs facteurs de risque cardio-vasculaire : tabac, inactivité physique, surpoids-obésité, stress, hypertension artérielle, diabète, cholestérol, contraception avec œstrogènes de synthèse…

Parlez-en à votre médecin ou appelez le 15 si les signes durent ou se répètent.

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