Lille : les petits commerçants pris à la gorge par la flamblée des prix des loyers

De l'hyper-centre au Vieux-Lille, la flambée des prix des loyers frappe les petits commerçants, fermetures à la clé. Un fonds de pension hollandais y participe. 

Par YR

Rue de Béthune, rue Saint-Catherine… Le commerce lillois va mal. Et des investisseurs en profitent. 57 commerces et 100 appartements ont été rachetés par un seul organisme. Un fonds de pension hollandais fait main basse sur les commerces de la ville : VadnEst France. Un bailleur commercial faisant payer à tous des loyers commmerciaux jugés élevés, loin d’être à la portée de toutes les bourses.  

Des loyers élevés, une concurrence rude

Les grandes enseignes, elles, peuvent pour certaines payer les loyers commerciaux les plus chers. Comment ? En profitant de coûts de main d’oeuvre peu élevés à l’étranger.

Un luxe, que les petits commerçants, qui n’ont pas ces moyens logistiques, ne peuvent se permettre. Alors, ces derniers doivent maintenir des prix suffisament hauts pour ne pas mettre la clé sous la porte. Très difficile, quand on sait que les grands groupes n’hésitent à vendre des produits bon marché pour attirer la clientèle, leurs pertes vite comblées par la maison-mère. 

13.000 euros par mois 

En 2011, le fonds de pension hollandais VadnEst France met sur la table 97 millions d’euros pour acheter une soixantaine de commerces lillois. En vue, deux quartiers stratégiques : l’hyper-centre, et le Vieux-Lille.

La fermeture des Galleries LaFayette rue de Béthune rappelle celle à la même adresse du Gaumont en 1997. / © France 3 NPDC
La fermeture des Galleries LaFayette rue de Béthune rappelle celle à la même adresse du Gaumont en 1997. / © France 3 NPDC

Dans le Vieux-Lille, le loyer mensuel moyen atteint 13.000 euros. Deux à trois fois plus cher qu’il y a quelques années. Certains commerçants parviennent à se maintenir. Leur propriétaire n’a pas changé - les loyers sont moins élevés que ceux des bâtiments détenus par les nouveaux investisseurs immobiliers. 

Certains sont sont tout de même touchés par le changement de visage du commerce Lillois. “Les loyers augmentent, et la clientèle diminue”, explique Hélène Moity, responsable de la boutique Gant, rue de la Grande-Chaussée. “Ce ne sont que des gros groupes qui viennent s’installer. Les petits commerçants meurent les uns après les autres.

Fin des petits commerçants ?

Le 20 décembre dernier, France 3 NPDC rappelait que les Galleries LaFayette fermaient leurs portes. Le 31 rue de Béthune devenant une “friche commerciale” de 10.400 m² en plein coeur de Lille. La fermeture entraînait celle de Darty et d’enseignes environnantes.

Même rue, le restaurant Aux Moules fermaient ses portes en début d'année 2016. Tout comme l’Huîtrière en 2015. Véritables institutions gastronomiques lilloises, elles seront remplacées toutes deux par… des enseignes de prêt-à-porter. Même si les raisons ne sont pas forcément liées aux loyers, la disparition de ces restaurants marquent une nouvelle ère pour la rue de Béthune



Lille et Paris, villes les plus chères de France

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) reconnaît que Lille traverse “un moment très difficile pour le commerce en ville.” Philippe Hourdain, président de la CCI Grand Lille, appelle à “travailler tous ensemble à l’amélioration du chiffre d’affaires des commerçants.”

Lille reste la ville la plus chère de France, juste derrière Paris. Ce sont justement les deux villes où opèrent le fond de pension hollandais. Rien ne semble pouvoir enrayer la spirale haussière.

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