LOSC : les supporters bientôt de retour au stade Pierre Mauroy ?

Le LOSC et la mairie de Lille annoncent avoir présenté un protocole sanitaire renforcé à la ministre des Sports. L’objectif : un retour progressif des supporters au stade Pierre Mauroy.

© MaxPPP

C'est une vie entière, rythmée par les matchs du LOSC. " Plus qu’une passion, un mode de vie. Tout est conditionné par ça : le travail, la vie de famille… " explique Michael, supporter du LOSC. Depuis près d’un an, et le début de l’épidémie, impossible de se rendre au stade. "Souvent je passe devant pour mon travail. C’est vraiment triste, je m’arrête et je regarde la pelouse et les tribunes à travers les grilles" confie cet ancien président d’une association de supporters. Une expression, parmi d'autres, du malaise créé par les restrictions sanitaires successives. Des milliers de passionnés de football à travers la France, qui ne peuvent plus accéder aux stades.

Mais à Lille, l'espoir renaît. La mairie et le club se sont portés candidat pour une expérimentation, en vue d'un retour des supporters à Pierre Mauroy. "On a été très surpris, mais ça va dans le bon sens" admet Michael. Tout commence au mois de février dernier. Le gouvernement ouvre la porte des négociations par la voix de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. L'idée est d'expérimenter un retour des supporters via un protocole sanitaire assuré par les autorités locales et les clubs.

Immédiatement, le LOSC, la mairie et la métropole de Lille se positionnent. Des concertations sont menées, notamment avec l'aide du CHU de Lille et de l'Agence Régionale de Santé de la région. Résultat : ce mardi une proposition est déposée sur le bureau de la ministre. Elle prévoit un protocole sanitaire renforcé pour le stade Pierre Mauroy. "Nous avons bon espoir pour que l'état donne son feu vert, le plus vite possible. Pourquoi pas dès ce mois de mars à l'occasion par exemple du match Lille-Nîmes le 20 mars" résume Arnaud Deslandes, adjoint à la mairie de Lille. 

Un protocole sanitaire strict

Mais concrétement, que prévoit ce protocole ? Evidemment, les conditions habituelles restent inchangées : port du masque et distribution de gel hydroalcoolique. Dans les tribunes, la capacité d’accueil est fixée à 20%, répartie sur l’ensemble du stade. Traduction : 10 000 spectateurs autorisés sur les 50 000 places de Pierre Mauroy. Un rang sur deux sera ouvert et un siège sur trois attribué, pour garantir une distanciation sociale. Tout le monde devra rester assis pendant les rencontres et des stadiers veilleront à faire respecter ces mesures. Voilà côte tribune.

Aux abords du stade, d’autres règles seront mises en place. Au moment de l’achat d’un billet, le supporter est convoqué à une heure précise pour accéder aux tribunes. Idem pour la sortie. " Par exemple, on peut imaginer que le speaker du stade demande à tel bloc du stade de sortir, puis un autre etc… l’objectif est de séquencer l’arrivée et le départ des supporters pour éviter qu’il y ait un trop grand nombre de personnes concentrées au même endroit " explique Arnaud Deslandes. Le supporter devra se soumettre à une prise de température avant l’accès aux tribunes. " C’est un protocole strict, mais nécessaire. Je pense que les supporters comprendront. On fait un pari et ils savent bien que si ça échoue, les stades ne rouvriront pas avant longtemps. Alors il faut de la confiance, nous misons sur la responsabilité de chacun " explique l'adjoint à la mairie. Enfin, l’accès au stade sera donné en priorité aux abonnés du LOSC (1), avec une réservation en ligne sur le mode « premier arrivé, premier servi ».

Des mesures, généralisées à l'ensemble des stades de France ?

Pour Michael, malgré la rigidité des mesures, c'est une bonne nouvelle. " En ce moment, ça sonne creux côté tribunes. On a besoin de cette adrénaline. Et puis, rien ne prouve qu’on se contamine plus dans un stade que dans le métro par exemple." Du côté de la mairie, "l’objectif est de prouver qu’il est possible d’accueillir des supporters sans créer de cluster. Si ça marche, ce type de protocole pourrait être généralisé à l’ensemble des stades en France" conclut Arnaud Deslandes.

Plus que symbolique, c’est un vrai choix politique pour la mairie de Lille. Certes, l’épidémie a bouleversé l’organisation de la vie sociale. Mais désormais, dans l’équipe de Martine Aubry, le maître mot c’est : s’adapter. "On constate le poids psychologique très lourd de cette épidémie sur nos vies. Les gens ont besoin de collectif. On ne va sûrement pas retrouver notre vie normale tout de suite, mais il faut trouver des solutions" analyse Arnaud Deslandes.

Un manque de loisirs que Michael compare aux secteurs culturels : "c’est comme les fans de musique, ou les passionnés de théâtre qui attendent une réouverture. Nous, c’est le stade". Une expérimentation qui dépasse donc le simple cadre du football. "Nous sommes candidats aux mêmes types de protocoles pour le secteur de la culture évidemment. Le défi pour nous est de proposer des espaces de vie sociale et collective, tout en garantissant une sécurité maximale" explique Arnaud Deslandes avant de conclure : "on ne peut pas continuer à réduire nos vie quotidiennes au travail seulement."

(1) Ce soir, le LOSC accueille l'Olympique de Marseille pour la 28e journée du championnat de Ligue 1. Contacté, le club n'a pas souhaité répondre à nos demandes d'interviews. En interne, on avance le manque de temps lié à l'organisation de la rencontre. D'autres sources évoquent la volonté du président, Olivier Létang, de ne pas se prononcer sur la question avant une décision concrète de l'Etat.  

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