Marcq-en-Barœul : une lycéenne agressée sexuellement pendant l'épreuve de sport du Bac

Une lycéenne de 18 ans élève du lycée Kernanec de Marcq-en-Baroeul a été agressée sexuellement lors de l'épreuve du sport du Baccalauréat. 

Léa a placardé des affiches dans son lycée pour parler de son agression.
Léa a placardé des affiches dans son lycée pour parler de son agression. © DR
Elle se fait appeler Léa*, pour pouvoir passer tranquillement le reste de ses épreuves du Baccalauréat. Mais il y a deux semaines, cette jeune lycéenne de 18 ans scolarisée au lycée Kernanec de Marcq-en-Baroeul explique avoir été victime d'un agresseur... et de l'indifférence d'une partie du corps enseignant. 

Les faits remontent au vendredi 18 mai. Ce jour-là, Léa est stressée. Elle doit passer avec ses camarades de classes l'épreuve de sport du Bac - en l'occurence, une épreuve de course d'orientation. "A deux classes, nous sommes partis jusqu'au parc du Héron en bus. Une fois sur place, on est par groupes de 6 avec des fractions de 10 minutes en individuel. Le but c'est de retrouver le plus de balises possibles dans la forêt", explique la lycéenne. 



Là voilà partie dans la forêt à la recherche de balises fluo. Elle rejoint une amie qui les cherche également. "C'est là qu'on a remarqué un monsieur un peu louche. Mais on ne s'est pas tout de suite méfiées parce que souvent les promeneurs nous aident à trouver les balises. Il nous a demandé pourquoi on était là. Là, j'ai voulu faire demi-tour, mais à ce moment-là il nous a dit qu'il avait vu une balise et effectivement elle était là", poursuit Léa.

"J'ai senti une présence très proche de moi. En fait il avait sorti son sexe et l'avait collé contre ma cuisse"


La jeune fille s'approche de la balise pour l'inscrire sur son plan. "Alors j'ai senti une présence très proche de moi. En fait il avait sorti son sexe et l'avait collé contre ma cuisse." Prise de panique, Léa part en courant et tombe sur une autre camarade qui a elle aussi croisé l'agresseur. "On a appelé notre prof référente en disant qu'il y avait eu un problème, qu'il fallait qu'on rentre. Elle nous a dit de regarder nos cartes.


La réaction du corps enseignant 


Finalement, Léa revient au point de départ de la course et retrouve ses camarades de classe. "Avec le stress de l'épreuve et le choc, je suis tombée dans les pommes", ajoute Léa. "Quand je suis revenue à moi, j'ai vu que la prof ne comprenait pas trop. Une autre fille est arrivée et a dit q'il lui était arrivé quelquechose aussi. Certains ont dit qu'ils refusaient de continuer l'épreuve, qu'il fallait arrêter et appeler la police. Et ma prof a dit "Si vous ne courez pas, c'est zéro"", raconte Léa.

"Et puis elle a ajouté : "Ce n'est quand même pas la première fois que vous voyez un homme nu !". J'ai trouvé ça honteux d'entendre ça d'une prof, et d'une femme surtout..."

Finalement l'autre professeur encadrant l'épreuve prend la mesure de ce qui se passe et va chercher les élèves qui couraient encore. L'épreuve est arrêtée. De retour au lycée, le samedi matin, Léa va voir son proviseur pour parler de ce qui s'est passé. "Il a fini par me recevoir et m'a parlé d'exhibitionnisme. Je lui ai dit que ce n'était pas ça, mais une agression sexuelle. Il l'a posé sur moi, alors que je n'avais rien demandé...

"L'enseignante a été reçue par le chef d'établissement pour un rappel à ses obligations de sécurité"


De son côté, le directeur académique, contacté par nos confrères de France Info, assure "prendre la mesure de la gravité des faits". Jean-Yves Bessol ajoute que "l'enseignante a été reçue par le chef d'établissement pour un rappel à ses obligations de sécurité", estimant que sa réaction "n'a pas été appropriée".

La semaine suivant l'agression, le proviseur du lycée Kernanec est passé dans certaines classes pour revenir sur ce qui s'était passé. Une réaction tardive pour Léa, qui explique que "les rumeurs ont enflé très rapidement" et qu'elle s'est sentie dépassée. C'est la raison pour laquelle, dans le lycée, elle a placardé des affiches sur lesquelles étaient inscrit : "BAC SPORT = AGRESSION SEXUELLE". 



"C'est important d'en parler, pour ne pas oublier et faire en sorte que ça n'arrive pas à d'autres. C'est peut-être déjà arrivé ailleurs sans que personne n'ose en parler. Il faut absolument changer le déroulé de l'épreuve", conclut Léa, qui précise qu'elle n'avait pas de sifflet lors de l'épreuve. La jeune fille a déposé une pré-plainte en ligne.



Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers bac éducation société