L'après Lubrizol à Rouen a conduit à de nouvelles obligations réglementaires. Dans ce cadre, 41 industriels des Hauts-de-France ont participé au financement des 500 000 euros nécessaires à l'équipement (et la formation) de pompiers des 5 départements régionaux pour utiliser ces nouveaux capteurs, complémentaires de ceux déjà existants.

Dans les Hauts-de-France qui regroupent quelque 6 millions de personnes, il existe 154 sites Seveso sur les 1 200 français, soit environ 13% des sites Seveso français. Et si la vallée du Rhône est connue pour sa densité dans ce type de sites, le littoral du Nord n'a rien à lui envier. Tout comme la banlieue proche d'Amiens dans une moindre mesure et l'axe reliant Saint-Omer à Douai (voir en lien la carte des sites Seveso des Hauts-de-France).

Après l'accident Lubrizol (usine Seveso) à Rouen, en septembre 2019, la législation a changé. Désormais, elle impose aux exploitants des sites en question et d'entrepôts de matières combustibles de "mettre en place un dispositif de mesures des polluants dans l'environnement en cas d'incendie ou accident de grande ampleur".

Quarante et un industriels ont donc en partie financé les 500 000 euros nécessaires à l'achat (et à la formation et à l'utilisation) de nouveaux capteurs destinés à protéger les populations. Aujourd'hui 5 SDIS, services départementaux d'incendie et de secours, des Hauts-de-France sont équipés et formés à l'utilisation de ces nouveaux capteurs. 

Mis en place depuis le début 2023, ces nouveaux capteurs équipent les casernes de Dunkerque, Lille, Valenciennes, Arras, Amiens, Saint-Quentin et Creil. En cas d'incendies industriels les autorités alertent et les pompiers, après la gestion des flammes, gèrent les fumées en installant ces capteurs qui peuvent mesurer tous types de polluants.

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Deux questions à Louis-Xavier Thirode, préfet délégué à la sécurité zone de défense nord ©France Télévisions

Par rapport aux capteurs dont étaient déjà équipés les pompiers, ces derniers peuvent rester sur place et servir de base d'analyse sur plusieurs jours. Ces nouveaux capteurs se distinguent également des capteurs d'Atmo Hauts-de-France qui eux, mesurent une toxicité chronique et non aigüe.