Suppressions d'emplois chez Cargill Haubourdin : nouveau revers judiciaire pour la CGT

La justice a rejeté mercredi 13 janvier la demande de la CGT d'annuler la validation du plan de sauvegarde de l'emploi à l'usine d'Haubourdin (Nord) du géant américain du négoce et de la transformation des matières premières agricoles Cargill. 

"Le projet de transformation, qui n’entraîne en réalité que 95 licenciements, est vital pour le site", déclare la direction de Cargill.
"Le projet de transformation, qui n’entraîne en réalité que 95 licenciements, est vital pour le site", déclare la direction de Cargill. © France 2

Le tribunal administratif de Lille a notamment estimé que, même si la direction n'a pas donné aux représentants du personnel "les pièces comptables et fiscales" qu'ils réclamaient pour évaluer "la réalité du motif économique", les informations qu'elle leur a données dans le "Livre II" au cours de la procédure d'information-consultation leur permettaient "de se prononcer en toute connaissance de cause".

Selon l'avocat de la CGT, Me Fiodor Rilov, les élus du CSE n'ont jamais eu accès à la comptabilité de Cargill en France. "Cette comptabilité existe, mais on ne nous l'a jamais donnée, sans doute parce que la situation en France est très profitable", affirme-t-il. Il compte faire appel.

Selon lui, "on ne peut pas dire que les représentants du personnel sont responsables de la vérification de la situation économique de l'entreprise et en même temps les priver des comptes"

"La mise en oeuvre du PSE se traduit in fine par 80 licenciements"

Homologué par l'administration mi-août, le PSE prévoit la "suppression de cent soixante-dix emplois et la modification de seize contrats de travail" sur les quelque 320 salariés du site d'Haubourdin, qui transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe. 

"Le tribunal inflige un nouveau camouflet à la CGT et son avocat Me Rilov, dont la guérilla judiciaire tous azimuts, qui n'est fondée sur aucun élément tangible, ne trompe personne".

La direction de Cargill Haubourdin

La direction veut y abandonner l'activité d'extraction d'amidon, qu'elle dit déficitaire, et se "repositionner" sur la deuxième activité du site de transformation de l'amidon en ingrédient industriel pour la pharmacie et l'alimentation infantile. "La mise en oeuvre du PSE se traduit in fine par 80 licenciements", affirme dans un communiqué la direction de Cargill Haubourdin, qui se félicite que le tribunal "inflige un nouveau camouflet à la CGT et son avocat Me Rilov, dont la guérilla judiciaire tous azimuts, qui n'est fondée sur aucun élément tangible, ne trompe personne".

"Bas les masques et halte aux postures politiques ! Non, tout n'est pas bon pour justifier une sombre bataille politicienne ni le (juteux) business d'un avocat et de ses experts", lance-t-elle, ironisant sur la "drôle de conception de la lutte pour les salariés" du syndicat.

En France, Cargill exploite 15 sites, emploie 2.000 personnes et transforme "près de 20 % des protéines végétales produites dans le pays".

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