Le studio Redfrog souhaite souscrire à un Prêt garanti par l'État, sans réussir à être suivi par les banques alors que 90% des garanties sont prises en charge par l'État.
Les très petites entreprises ne sont pas les seules à avoir souffert, face à la crise du Covid-19. Dans les locaux du Studio Redfrog, installé à Euratechnologies, à Lille, l'open-space est désert et paraît presque abandonné en catastrophe. Les 47 salariés sont au chômage partiel, et tous les projets sont au point mort.
Il s'agit pourtant de l'un des fleurons de l'animation nordiste, d'où sortent des séries diffusées ailleurs en Europe et même sur les américains Netflix ou Cartoon Network.
Son président et producteur, Lahcen Bahij, estime qu'il lui faudriat un million et demi d'euros pour relancer la machine. Il souhaite un prêt garanti par l'État (PGE), mais deux banques sur quatre ont refusé de le suivre. "Une entreprise qui a mis 10 ans à se créer, à exister au niveau international, peut encore être fragilisée par le soutien bancaire", regrette-t-il, "même si l'État amène 90% de garanties, ce qui fait que c'est des risques ridicules pour les banques et même dans ces cas-là, certaines banques se pemettent de ne pas les prendre."
Une part de risque de 10% que les banques ne voudraient pas assumer ? Pour la Banque de France, les refus de prêt sont pourtant minimes et ne représentent que 2,5% des dossiers déposés, soit 1 sur 40.
5,7 milliards d'euros de prêts pour 30 000 entreprises de la région
"Dans la région des Hauts-de-France, on a distribué des PGE à plus de 30 000 entreprises pour un montant de 5,7 milliards d'euros, ce qui est un montant absolument colossal", argue Kathie Werquin, directrice régionale Hauts-de-France de la Banque de France. "Aujourd'hui, franchement, on pense que les banques sont vraiment mobilisées pour distribuer largement le PGE aux entreprises qui ont été atteintes par la crise du Covid."
Le studio Redfrog lui a demandé une médiation, comme plus d'un millier d'entreprises de la région, afin de débloquer sa situation. Et si cela arrive, les quatre projets qui devaient être lancés au printemps le seront à l'automne. Avec en jeu plusieurs centaines d'emploi, directs et indirects.