En visite surprise au commissariat de Lille, Gérald Darmanin annonce l'arrivée de 60 policiers

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est rendu ce dimanche 2 août au commissariat central de Lille. Il a répondu positivement à la demande de renforts policiers supplémentaires formulée par la maire de Lille, Martine Aubry. 

Gérald Darmanin est en visite surprise au commissariat central de Lille pour répondre aux demandes de renfort policiers. (3927066)
Gérald Darmanin est en visite surprise au commissariat central de Lille pour répondre aux demandes de renfort policiers. (3927066) © BERTRAND THERY - FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
Plus de caméras et des renforts policiers... Après plusieurs cas d'agressions dans certains quartiers sensibles de Lille, Martine Aubry avait demandé la mise à disposition de forces de l'ordre supplémentaires. Gérald Darmanin en visite surprise au commissariat central, semble l'avoir entendue.

Dans sa lettre datée du 29 juillet, la maire de Lille souhaite un "vrai plan de renforcement des moyens humains et matériels."

Elle évoque notamment les récentes déclarations du ministre à propos de la forfaitisation des amendes pour consommation de stupéfiants, qui s'inscrivent dans une politique de lutte anti-trafic, mais qui ne relève pas du rôle de la police municipale selon elle.

60 policiers en plus dans l'agglomération lilloise

"J'ai bien reçu la lettre de madame le Maire", a confirmé l'actuel ministre de l'Intérieur. "Lorsque les élus disent des vérités, il faut savoir le reconnaître et prendre des mesures pour combler les défauts de l'organisation de l'Etat."

Interview de Gérald Darmanin, en visite surprise au commissariat central de Lille ©France 3 Nord Pas-de-Calais

Cette visite a été l'occasion pour lui d'annoncer l'arrivée de 60 policiers nationaux d'ici décembre : "Une trentaine arrivera en septembre et le reste au mois de décembre. D'ici la fin de l'année, ce sont soixante policiers en plus qu'il y aura dans l'agglomération lilloise pour revenir aux effectifs qui sont normalement de 1 845."

Plus de vidéosurveillance

"La vidéosurveillance n'est pas assez présente à Lille. La lutte contre les trafics, notamment de stupéfiants, n'est pas le seul ressort de la police nationale. Les collectivités locales doivent aussi contribuer. Il y a moins d'une quinzaine de caméras sur Lille et ses 230 000 habitants, ce n'est évidemment pas suffisant", estime Gérald Darmanin. 

Il assure s'être entrenu avec Martine Aubry qui lui aurait répondu "qu'elle mettrait des caméras à partir de la rentrée." Le ministre de l'Intérieur a notamment précisé que l'Etat serait mobilisé pour aider au financement de "ces caméras qui manquent à Lille pour aider la police à faire son travail correctement."

"Ce n'est pas une question de trafiquants de quartier, je l'entends trop souvent. Il y a aussi des gens, dans les beaux quartiers de Lille et d'ailleurs, qui utilisent ces substances illicites, le cannabis, la cocaïne. Le consommateur doit être pénalisé comme le trafiquant doit être pénalisé", a-t-il souligné. 

Dans un communiqué, Martine Aubry s'est "réjouie de ces annonces, première étape de renforcement des moyens de la police nationale" et qu'elle "espère être suivie d'autres dans les délais les plus brefs possibles."

"De son côté, la Ville de Lille, qui prend aujourd'hui toute sa part en matière de prévention et de tranquillité publique, continuera à le faire comme je l'ai proposé aux Lillois lors des dernières élections municipales", a-t-elle ajouté avec notamment "le recours à la vidéoprotection partout où cela est utile pour dissuader la délinquance dans les rues commerçantes et pour prouver les trafics dans des immeubles ou dans des espaces publics."
 

Une ville fortement touchée par le trafic de substances illicites

Dans un contexte de proximité géographique avec la Belgique et les Pays-Bas, par lesquels circulent de nombreux produits stupéfiants en provenance des ports, le Nord et notamment Lille sont fortement touchés par le trafic de substances illicites.  Or, la police municipale lilloise ne peut pas, selon Martine Aubry,"se substituer aux responsabilités de l'État, au risque de voir apparaître une sécurité à deux vitesses".

Une demande de moyens humains

Si elle reconnaît qu'un "lourd travail" est mené depuis plusieurs mois à Lille-Sud par la police nationale, ses effectifs sont en nombre insuffisant pour permettre de garantir à chacun une ville sûre. Elle rappelle d'ailleurs que le prédécesseur de Gérald Darmanin place Beauvau, Christophe Castaner, avait reconnu en août 2019 que la circonscription de sécurité de Lille était "structurellement déficitaire". 
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