LOSC : Noël Le Graët, président de la FFF, tacle Gerard Lopez qu'il qualifie d'"acrobate de la finance"

Dans un entretien au Figaro, le président de la Fédération Française de Football (FFF), Noël Le Graët, qualifie d'"acrobate de la finance" le président du LOSC Gerard Lopez qui a publiquement critiqué ces derniers jours le gouvernement français et l'arrêt du championnat de Ligue 1.  
Le président de la FFF n'a pas apprécié certaines déclarations du président du LOSC.
Le président de la FFF n'a pas apprécié certaines déclarations du président du LOSC. © FRED TANNEAU / ISABEL INFANTES / AFP

Quand Le Figaro rappelle à Noël Le Graët les propos de Gerard Lopez qui a qualifié l'arrêt du championnat de Ligue 1 de "décision catastrophique", la réponse du président de la FFF fuse : "Ah oui, l’acrobate de la finance (sourire). Tout le monde peut dire aujourd’hui qu’on aurait pu jouer. Faire des matchs comme les Allemands à huis clos ? Ça ne m’intéresse pas. Nous, on sera prêt à bien démarrer la saison, c’était la décision la plus sage. On devait respecter les décisions du premier ministre. Les gouvernements décident, c’est inscrit dans le règlement UEFA". 

Gerard Lopez, président et actionnaire majoritaire du LOSC, avait sévèrement critiqué ces derniers jours le choix du gouvernement français d'arrêter définitivement la saison de football en cours, en raison de l'épidémie de coronavirus, alors que les autres grands championnats européens (Bundesliga allemande, Liga espagnole, Premier League anglais et Serie A italienne) ont déjà repris ou s'apprêtent à reprendre.

 

 

"On n'arrête pas de dire qu'on essaie de rattraper notre retard sur les quatre grands championnats et là on donne le bâton pour se faire taper à un moment stratégique", s'est notamment indigné le dirigeant lillois, le 1er juin, lors d'une conférence de presse téléphonique de Première Ligue, le syndicat regroupant la majorité des présidents de Ligue 1. "On se retrouve tout seuls (...) Peut-être qu'en France, on ne met pas le foot au même niveau que dans d'autres pays...". Gerard Lopez déplorait une décision "assez brutale" du gouvernement et regrettait que le foot français ait été "mis devant le fait accompli".

On va perdre quoi ? Un mois de football. Et alors ? On va démarrer au mois d’août, avec des stades accueillant plus de monde que prévu ? De quoi se plaint-on ?

Noël Le Graët, président de la Fédération Française de Football.

"Quel reproche peut-on faire à l’exécutif ?", rétorque Noël Le Graët dans son entretien au Figaro, paru mardi soir. "La France est le seul pays d’Europe qui donne de l’argent à tout le monde, même au football avec des prêts garantis par l’État. Ceux qui avaient des bilans convenables ont pu s’inscrire dans la démarche de la BPI (Banque publique d’investissement). Avec un prêt global, ils ont réussi à en transformer une partie en subvention nette directe, remboursable sur trois, quatre ou cinq ans. Trouvez un État en Europe qui a fait cela! L’Angleterre, l’Allemagne ? Non, aucun pays n’a pris les mesures qui ont été mises en oeuvre en France pour les entreprises, dont les clubs de football professionnel".

"J’aimerais bien que certains disent "merci" de temps en temps", ajoute le président de la FFF. "C’est une question de politesse. On va perdre quoi ? Un mois de football. Et alors ? On va démarrer au mois d’août, avec des stades accueillant plus de monde que prévu ? De quoi se plaint-on ?". 

 

Le LOSC répond

 

Le LOSC a publié ce mercredi soir un communiqué en réponse aux propos de Noël Le Graët. "La priorité d’un président de Fédération devrait toujours demeurer – qui plus est en période de crise – de rassembler et fédérer, de garantir l’unité et la force du football français et de toutes ses composantes, avec sérénité et exemplarité", peut-on lire.

 

 

"Même si le LOSC a pu exprimer des idées et une vision différentes quant à la gestion de cette crise - mais c’est a priori et sans contestation son droit -, le club rappelle qu’il a toujours affiché un total respect des décisions des instances, dans un esprit légaliste et collectif, alors même que celles-ci pouvaient apparaître défavorables à ses intérêts particuliers", indique également le LOSC.

"Aujourd’hui, le football français dans son ensemble doit être animé par une motivation absolue et un objectif collectif majeur : développer la compétitivité du championnat de France et de ses clubs", conclut le communiqué du club nordiste. "Le Gouvernement a réalisé des efforts importants pour accompagner le sport français, le football et ses clubs, dans cette période de crise sportive, économique et institutionnelle. Soyons-en dignes, soyons responsables, soyons à la hauteur de ces efforts pour rendre le football français plus performant et compétitif, plus attractif pour ses fans et ses partenaires, plus innovant, plus ouvert aux autres industries et économies, et au monde en général". 

 

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