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Le père d'une victime du 13 novembre appelle à tuer des djihadistes, Twitter suspend son compte

Patrick Jardin avait appelé à boycotter les hommages organisés par le gouvernement, estimant que les politiques étaient tout aussi responsables que les djihadistes du décès de sa fille. / © MaxPPP/Guy Drollet
Patrick Jardin avait appelé à boycotter les hommages organisés par le gouvernement, estimant que les politiques étaient tout aussi responsables que les djihadistes du décès de sa fille. / © MaxPPP/Guy Drollet

Patrick Jardin, qui a perdu sa fille lors des attentats du 13 novembre, a vu son compte Twitter suspendu suite à des messages haineux envers les djihadistes que la France envisage de rapatrier. 

Par Noémie Leclercq

La colère, et puis, les appels au meurtre. Patrick Jardin, Marcquois dont la fille Nathalie a été tuée au Bataclan le 13 novembre dernier, a vu son compte Twitter supprimé suite à une série de tweets haineux

En cause, des messages de haine à l’encontre des 130 djihadistes détenus par les Kurdes de Syrie que la France envisage de rapatrier. Patrick Jardin a estimé dans une série de tweets qu’il fallait les mettre à mort, « comme Leclerc a fait fusiller les Français de la Waffen SS », au nom de la « justice » envers les victimes des attentats du 13 novembre. Selon lui, la mise à mort des 130 djihadistes compenserait les 137 morts en novembre 2015.
 

Tuons [nous] aussi leurs enfants, d'ailleurs, on devrait commencer par là


Parmi les 130 djihadistes concernés, « 75% d’enfants », a estimé Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, au micro de RTL. Ce à quoi Patrick Jardin répond, toujours sur Twitter : « Tuons aussi leurs enfants, d’ailleurs on devrait commencer par là. »

Des propos violents qui ont été signalés aux modérateurs du réseau social afin de fermer le compte. Le journaliste Nicolas Hénin, otage en Syrie pendant 10 mois entre 2013 et 2014, a notamment dénoncé les propos tenus par M. Jardin. « Avoir perdu son enfant dans des conditions terribles n’est pas une excuse pour déverser un tel torrent de haine », a-t-il estimé. 
 
Capture d'écran Twitter
Capture d'écran Twitter

Comme à l’habitude sur Twitter, les réactions ne se sont pas fait attendre. Sous le hashtag #RendezNousPatrickJardin, des internautes crient à la censure.
 

Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblement national et très actif sur Twitter, s’est emparé du sujet.
 

Les messages de soutiens affluent sur le réseau social. Le compte Twitter @patoche599 indique être le profil secondaire de Patrick Jardin. Ouvert en 2009, @patoche599 relaie des tweets empathiques à l’égard de M. Jardin, parfois ouvertement islamophobes et/ou haineux envers Nicolas Hénin.
 

Des messages punis par la loi

Les réseaux sociaux sont régulièrement accusés de ne pas réagir assez vite lors de la diffusion de messages de haine. Et à l’inverse, lorsqu’un compte est suspendu, certains internautes dénoncent la "censure" exercée par le réseau social.

Rappelons qu’en tant qu’hébergeur, Twitter est responsable des messages postés sur son interface. Or, les messages haineux (incitation à la haine raciale, au meurtre, diffamation…) sont des délits punis par la loi. Le site internet du gouvernement, Pharos, auquel fait référence Nicolas Hénin dans son tweet, permet de signaler les crimes et délits repérés sur la toile. Une équipe de policiers et gendarmes recueille et analyse les doléances reçues, évaluant la gravité des faits pour déployer les moyens nécessaires par la suite. 




 

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