ENTRETIEN. Rugby. l'Olympique Marcquois en Fédérale 1 : “Nous avons le sentiment du devoir accompli”

© ERIC MORELLE / OLYMPIQUE MARCQUOIS / FACEBOOK
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Avec l'arrêt prématuré du championnat, l'Olympique Marcquois, premier de sa poule, monte à la division supérieure, tout comme Beauvais. Quant au RC Arras, il échappe de cette manière à la relégation.

Par Jean-Marc Devred

Bonne nouvelle pour le rugby nordiste. Comme on le pressentait vendredi avec l’annonce du président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte, l’Olympique Marcquois accède officiellement en championnat de Fédérale 1 (la 3e division nationale), après la réunion du Bureau fédéral qui s’est tenue hier en fin de journée.
 

À la demande du Président de la FFR, la Commission exceptionnelle des épreuves s’est réunie pour définir le format des compétitions pour la saison 2020/2021 "dans le respect et l’équité que nous devons à l’ensemble de nos clubs".

Il a ainsi été décidé :
  • qu'aucune relégation sportive n’aura lieu pour la saison 2019/2020
  • que les classements nationaux 2019/2020 pour chaque compétition (arrêtés officiellement au 15 mars 2020) seront bâtis sur les résultats sportifs obtenus à l’issue des phases qualificatives,
  • qu'avec un recours aux péréquations nécessaires en application des règlements généraux de la F.F.R, 60 équipes, réparties en 5 poules de 12, disputeront le championnat de Fédérale 1.
  • des montées seront réservées aux meilleurs de poule de 2e  et 3e  divisions fédérales

Cette dernière annonce concerne directement l'Olympique Marcquois : premier de la poule 1 de Fédérale 2 après 17 journées, le club nordiste accède donc à la Fédérale 1 dans son format étendu. Beauvais XV, 2e du même groupe, devrait également monter au titre des meilleurs deuxièmes. Quant au RC Arras, dernier de sa poule en Fédérale 3, il devrait de ce fait échapper à la relégation.

 

"Le sentiment du devoir accompli"


Le président marcquois Olivier Gradel a réagi à cette nouvelle en évoquant "une grande satisfaction, même si nous évitons de triompher dans le contexte de crise sanitaire actuelle. C’était notre ambition en début de saison et nous avons le sentiment du devoir accompli."
 
Rugby : l'Olympique Marcquois monte en Fédérale 1, l'interview de son président Olivier Gradel

"C’est moins prestigieux de monter sur le tapis vert", confie-t-il, "mais cette accession récompense le parcours réalisé depuis deux ans. La Fédération française a bien géré cette crise et a su prendre rapidement les bonnes décisions.

 

Préparer la prochaine saison


"Maintenant, les responsables du club métropolitain vont se consacrer à préparer la prochaine saison", précise le président de l'Olympique Marcquois.

"Nous avions déjà commencé en décembre, avec deux priorités : le recrutement de nouveaux joueurs, et la recherche de partenaires. Celle-ci était un peu en sommeil avec l’arrêt des championnats. Mais dès lundi, nous allons tout réactiver", poursuit Olivier Gradel.
 

Pour le recrutement, les objectifs sont clairs. "On ne change pas la stratégie mise en place depuis quatre ans. Notre socle, c’est la formation et nous voulons nous appuyer sur des joueurs issus des Hauts-de-France. C’est le cas pour 60% de l’effectif de l’équipe première, composé de joueurs de moins de 25 ans. Notre équipe réserve aussi est majoritairement composée de jeunes de moins de 22 ans, ce qui nous permet de respecter le cahier des charges pour le championnat de Fédérale 1. Mais il faudra étoffer le groupe en recrutant 5 ou 6 joueurs. Les contacts ont été établis et nous allons les relancer."

L’idée directrice est de recruter des joueurs expérimentés, notamment pour les premières lignes. "Nous avons besoin de joueurs aguerris car c’est toute la différence entre la Fédérale 2 et la Fédérale 1."

L’aventure se poursuivra avec le staff réuni autour de Philippe Caloni, ancien joueur du Lille Métropole Rugby (LMR, dissous en 2016) qui  est devenu le manager sportif de l’OMR, et entraîneur de l’équipe première.

 

Étoffer le budget


La saison prochaine, les rugbymen marcquois joueront dans un groupe de 12 clubs. Donc plus de matches et plus de déplacements que prévus. Pour Olivier Gradel, "en principe, les cinq poules respecteront des secteurs géographiques pour éviter des déplacements trop lointains. Nous pourrions nous retrouver avec les clubs parisiens et ceux du nord-ouest. Ou alors dans un groupe tout à l’est".

Dans tous les cas, il faudra augmenter le budget qui s'élevait à un million d’euros cette saison. "À l’origine, nous visions un budget de 1,7 million. Mais avec la crise économique qui accompagne l’épidémie de coronavirus, cela va être difficile de trouver de nouveaux partenaires. Nous espérons quand même arriver à 1,4 million. Avec les collectivités et les entreprises qui nous suivent, nous comptons aussi sur des recettes supplémentaires liées à la montée. Notamment, sur la billetterie car
nous aurons certainement plus de spectateurs la saison prochaine au stadium de Villeneuve d’Ascq
".

Pour cela, l’OMR pourrait jouer la plupart de ses matches à domicile le samedi à 18h, plutôt que le dimanche à 15h. "À cette heure-là, les autres clubs de la région jouent aussi, ce qui empêche les joueurs de venir assister à nos matches", explique Olivier Gradel. Il suffira d’avoir l’accord des adversaires car pour le reste, l’OMR est club résident au Stadium.

Par son accès en Fédérale 1, le club marcquois pourrait aussi bénéficier de la diffusion à la télévision. "Le Stadium est mieux équipé pour des rencontres télévisées". La chaîne l’Équipe retransmet généralement un match par week-end.

 

Objectif 2023


"Les déplacements vont nous coûter plus cher car nous allons les programmer sur deux jours pour les plus lointains. Ce qui implique des nuitées d’hôtel. Mais nous pouvons tabler aussi sur des recettes plus importantes chez nous."

La Fédérale 1 ne constitue qu’une nouvelle étape dans le projet lancé avec la Métropole européenne de Lille il y a quatre ans. L’OMR espère accéder à la Pro D2 (premier échelon de l’élite professionnelle) d’ici 2023, année de la Coupe du Monde de rugby organisée en France.

"S’il faut attendre 2024, ce n’est pas grave. Mais ce qui est sûr, et on l’a vu avec le LMR, c’est qu’il y a un terreau pour le rugby dans le Nord. Nous espérons retrouver cet engouement dès la saison prochaine", conclue le président de l’OMR.
 

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