Un Nordiste pris dans une tempête de neige lors d'une course de chiens de traîneaux en Norvège

La course au cours de laquelle Thibaut s'est retrouvé dans une tempête dure 24 heures et comprend plusieurs arrêts obligatoires, appelés "checkpoints" / © Sarah Lewis
La course au cours de laquelle Thibaut s'est retrouvé dans une tempête dure 24 heures et comprend plusieurs arrêts obligatoires, appelés "checkpoints" / © Sarah Lewis

Thibaut Branquart, un Nordiste passionné de montagne, s'est retrouvé au beau milieu d'une tempête de neige lors d'une course de chiens de traîneaux, début janvier en Norvège. Pour France 3 Hauts-de-France, il est revenu sur ce moment marquant. 

Par M.Landaz

Les images sont assez impressionnantes. Sur les vidéos qu'il nous a transmises, Thibaut Branquart a la barbe complètement gelée par la neige et le froid. "On était en mode survie, l'objectif c'était de s'en sortir", explique-t-il aujourd'hui. 

Cet habitant de Lambersart a participé les 6 et 7 janvier derniers à la course de chiens de traîneaux Mush Synnfjell, en Norvège. Jusque là rien d'anormal pour cet amoureux du grand air et du mushing, cette discipline qui consiste à parcourir de longues distances sur un traîneau grâce à un attelage de chiens sélectionnés pour leur rapidité et leur endurance.


Bloqué par "un mur de vent"


Alors qu'il entamait la dernière partie de cette course de vingt-quatre heures, les conditions météorologiques se dégradent subitement. "Ça se passait très bien pour moi à ce moment là, j'étais sixième [sur une quarantaine de participants, NDRL] et j'amorçais la dernière ligne droite", se souvient-il. A ce moment là, il n'a qu'une seule chose en tête : conserver sa sixième place. Thibaut Branquart dépasse alors deux concurrents dont les chiens ne veulent plus avancer. "Je me suis arrêté pour aider un musher dont l'attelage s'était emmêlé à cause du vent", se rappelle-t-il. Sur la vidéo ci-dessous, on peut voir les différents concurrents en difficulté dans la tempête et le l'épais brouillard, notamment à partir de la troisième minute. 



Peu après, il rencontre des concurrents qui rebroussent chemin. Ne sachant s'il doit lui aussi faire demi-tour, il croise alors des organisateurs de la course sur des motos-neiges. Ils lui proposent de continuer. "Avec un autre participant, on a encore avancé sur une quarantaine de kilomètres avant d'arriver sur le plateau, tout en haut de la montagne. Et là, on était complètement à découvert".

A cause du vent, des blocs de glace se sont formés sur la barbe de Thibaut Branquart. / © Doriane Lemoine
A cause du vent, des blocs de glace se sont formés sur la barbe de Thibaut Branquart. / © Doriane Lemoine


Thibaut Branquart explique avoir appris par la suite que le vent soufflait à plus de 180 km/h ce jour là. "Je me suis dit que je n'aurais jamais dû écouter les organisateurs ! On était face à un mur de vent qui nous fouettait le visage hyper violemment", raconte-t-il sur sa page Facebook Team 66 Nord.

"Sur le coup c'était l'enfer absolu"


Le Lambersartois évoque des "moments tendus". "Parfois les chiens n'arrivaient même plus à avancer car ils n'entendaient plus ma voix à cause du vent. Les piquets délimitant le chemin à suivre s'étaient envolés. Heureusement, j'avais le GPS." Thibaut Branquart et l'autre musher qui l'accompagnait doivent alors se relayer pendant plus d'une heure pour ouvrir la voie. "C'était compliqué, parce que certains chiens ne voulaient plus avancer alors que d'autres avaient conscience qu'il fallait bouger le plus rapidement possible vers un endroit plus abrité". 

Finalement arrivé sain et sauf, celui qui porte aussi la casquette de directeur de la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, une course de traîneaux reconnue organisée dans les Alpes, a eu le temps de prendre du recul sur sa mésaventure. "Sur le coup, c'était l'enfer absolu, où on se dit "Mais qu'est ce que je fais là ?". Mais aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir vécu un moment mythique. Ça a aussi été un test de la relation avec mes chiens, j'ai vu qu'ils avaient un gros mental", se réjouit-il. Et s'il part aussi souvent dans les grands espaces, "c'est pour mieux revenir auprès de sa famille" dans son Nord natal. 




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