"On est 6 médecins à flux tendus" : même le jour du réveillon, SOS médecin est sur le pont contre les épidémies

Un dimanche 31 décembre, difficile de trouver un médecin généraliste disponible. Alors, pour une toux ou un enfant malade, nombreux sont ceux qui ont recours à SOS Médecin. En ce réveillon de la Saint-Sylvestre, les consultations s'enchaînent pour les médecins présents.

Une patiente attend son tour à l'extérieur du bâtiment. Elle est venue fêter le réveillon chez son fils, et se retrouve avec une infection. Pour consulter, elle patiente sans broncher : "ça fait partie du jeu, après tout c'est ouvert et le service fonctionne, je sais que je vais être bien soignée." Comme elle, une trentaine de patients attendent déjà dans la salle d'attente de SOS médecin à Lille, qui contrairement à Tourcoing, reçoit sans rendez-vous.

Peu de médecins pendant les vacances

À Tourcoing, Khadidjatou Sow assure la permanence en ce réveillon 2023. Elle affirme accueillir "des personnes qui n'ont pas de médecin traitant", et beaucoup viennent car "leurs médecins sont en vacances" et qu'ils "veulent éviter d'attendre aux urgences".

SOS médecin permet de limiter l'engorgement des urgences, surtout en cette journée de réveillon. La médecin rappelle que "des cas ne sont pas concernés par les urgences", et qu'avant de s'y rendre, il faut consulter le "15 pour avoir un premier avis". Souvent, une consultation chez le médecin peut suffire à prendre le patient en charge.

"Dans certains cas, on doit quand même y envoyer des patients" précise Antonio Cuenca, médecin du service de Lille. Du côté des malades, ce service ouvert 24h/24 et 7j/7 sans exception, permet de consulter rapidement pour passer un réveillon soulagé.

Une recrudescence de grippe et de covid

Mais cette année en particulier, les médecins sont confrontés à une recrudescence de cas de grippe et de Covid. À Roubaix, le constat est clair : "on travaille beaucoup plus que les années précédentes", explique la docteure Khadidjatou Sow. Son confrère Antonio Cuenca la rejoint sur ce point : "depuis ce matin on est 6 médecins à flux tendus, la salle d'attente ne désemplit pas, il y a une trentaine de patients qui attendent".

La cause, les deux médecins l'ont bien identifiée. "Il y a une épidémie de grippe, de Covid et de VRS [ndlr, virus respiratoire syncytial]", explique le Dr Cuenca. "Ajoutés au fait que les autres médecins sont souvent en vacances, les gens viennent ici et nous sommes submergés."

Une des conséquences de l'abandon des gestes barrières. Pour Khadidjatou "en 2020 les gens portaient scrupuleusement le masque et avaient le gel hydroalcoolique dans la poche", un contraste avec aujourd'hui "les gens n'ont plus peur donc font moins attention", conclut-elle.

Se vacciner pour soi, mais surtout pour les autres

Les Hauts-de-France sont en alerte rouge, selon Santé Publique France concernant les épidémies de grippe et de bronchiolites. Une couleur qui fait sens pour les médecins de l'association. 

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Mais la situation pourrait être meilleure : "les gens en contact avec des personnes fragiles doivent se faire vacciner", explique la Docteure Sow. "Les gens en bonne santé ne le font pas pour eux, mais pour leurs parents et grands-parents".

Les gens en contact avec des personnes fragiles doivent se faire vacciner

Docteure Khadidjatou Sow

Elle rappelle aussi que "la grippe est une maladie grave". Et que chez les personnes vulnérables, bébés ou personnes âgés, les publics avec des comorbidités, la grippe peut emmener "en réanimation, avec un besoin lourd en support et en oxygène."

En France, chaque année la grippe est responsable d'environ 10 000 décès, selon l'Institut Pasteur.