PORTRAIT. Du Brésil à Lille, Alessandra Machado rassemble les femmes autour de la pratique du sport

Depuis son enfance au Brésil, Alessandra Machado baigne dans la solidarité et l'entraide féminines. À Lille, avec son association Passer'Elles, elle crée aujourd'hui des espaces de confiance pour permettre aux femmes de tous horizons de se rassembler autour de la pratique sportive.

Armée d'un enthousiasme et d'un sourire contagieux, Alessandra Machado ne peut laisser personne indifférent. Membre fondatrice de l'association Passer'Elles à Lille, cette éducatrice sportive s'est donné comme mission de rassembler les femmes, de toutes origines et de toutes catégories sociales, autour de la pratique du sport.

Le sport comme vecteur de valeurs féministes

Chaque semaine, 21 activités sportives sont proposées aux adhérentes. "Elles viennent de toute la métropole lilloise et elles se rassemblent pour pratiquer l'activité physique, qui est un outil d'émancipation, explique-t-elle avec fierté. Il y a aussi bien des femmes qui veulent faire des groupes pour faire du foot que pour participer à une marche militante féministe ou faire des groupes de parole autour du corps." Tantôt dans la rue, tantôt dans un théâtre ou dans un hôtel particulier : les adhérentes sont nomades et se réapproprient l'espace public le temps de leur séance.

Qu'elles se retrouvent pour une séance de zumba ou un cours de yoga, l'objectif est de permettre à ces femmes de se sentir à l'aise et de créer du lien social avec des personnes qu'elles n'auraient peut-être pas rencontrées autrement. "Il y a des cheffes d'entreprise, des mamans de quartiers, des réfugiées..."

Une histoire d'exil et de solidarité

Il faut dire que l'esprit de sororité et d'entraide féminine fait partie de l'histoire d'Alessandra. Née au Brésil dans les années 1970, elle a été élevée par une mère célibataire qui n'a pas eu d'autre choix que la maternité, l'IVG étant interdite dans ce pays. "Je suis née parmi des femmes, des femmes qui résistaient et qui militaient, parce qu'elles n'avaient pas le choix", explique-t-elle. Une jeunesse faite de système D et de solidarité qui a façonné la femme qu'elle est devenue.

À 24 ans, déjà mère de trois filles, elle décide de quitter le Brésil.

J'ai fui la misère et la précarité pour venir en France, qui était un peu mon Amérique à moi, avec la possibilité de changer mon histoire.

Alessandra Machado

Elle ne peut pas emmener ses filles avec elle, mais part avec l'espoir de pouvoir un jour les faire venir. Pour ça, elle cumule les petits boulots dès son arrivée en France. "Je faisais entre 14 et 15 heures de travail par jour pour envoyer l'argent au Brésil, raconte-t-elle. On ne s'en rend pas compte en France parce que même s'il y a des gens qui galèrent et qui sont dans la précarité, au Brésil c'est un autre niveau. T'as beau travailler pendant 24 heures, tu ne peux pas arrondir les fins de mois quand tu es précaire. J'ai cumulé plusieurs boulots parce que j'étais seule, isolée, précaire, je n'avais pas de papiers à l'époque, c'était de la résistance."

"Elle est capable de déplacer des montagnes"

Ses filles ont pu la rejoindre quelques années plus tard. Son objectif de leur donner "la liberté d'exister et de choisir" est atteint. Mais son engagement féministe est ancrée en elle. parce qu'elle estime que "le choix est essentiel dans la vie de toutes les femmes", elle compte bien en aider le plus possible à s'émanciper.

Elle passe alors des diplômes pour devenir éducatrice sportive, soutenue par Françoise Jouffe, bénévole au sein de la Fédération française d'éducation physique et de gymnastique volontaire. Une rencontre qui lui permettra de mener à bien ses projets alliant sport et féminisme.

Françoise Jouffe ne tarit pas d'éloges sur Alessandra : "J'aime son franc-parler, son dynamisme, sa sincérité. Elle n'a pas vraiment besoin de parler pour qu'on croie en elle, elle est capable de déplacer des montagnes, j'ai senti un potentiel terrible, et je ne me suis pas trompée."

Un potentiel qu'elle n'a pas fini d'exploiter. Alessandra a encore plein de projets, au sein des centres pénitentiaires d'Annœullin et de Sequedin ou encore de centres d'accueil de demandeurs d'asile. 

durée de la vidéo : 00h13mn00s
Alessandra Machado, invitée de l'émission Hauts féminin du 16 janvier 2023 ©France 3 Hauts-de-France

Retrouvez le témoignage complet d'Alessandra Machado ci-dessus, dans l'émission Hauts-Féminin du lundi 16 janvier 2023, et les autres épisodes de l'émission sur france.tv.

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