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“Rester fort” : le livre témoignage d'Emilie, la lycéenne lilloise qui s'est suicidée après avoir été victime de harcèlement

Virginie Monk, mère d'Emilie : "On aurait jamais cru que c'était à ce point là, jamais"

Elle aurait voulu publier un livre, témoigner. C'est en tout cas ce que pensent ses parents, d'après le récit autobiographique qu'a laissé Emilie, 17 ans. La jeune fille s'est suicidée l'an dernier après avoir été victime de harcèlement scolaire. Son témoignage est aujourd'hui publié.

Par Jeanne Blanquart

Le 22 janvier 2016, Emilie, 17 ans, se défenestrait après avoir été victime de harcèlement scolaire. Cette lycéenne lilloise a laissé derrière elle de nombreux textes, dont un journal où elle racontait son calvaire. Aujourd'hui, son témoignage et ceux des membres de sa famille forment un livre : "Rester fort". L'une des injonctions d'Emilie dans son récit. "A la base, on a vraiment la conviction qu'Emilie voulait écrire un livre, puisque cet écrit qu'on a retrouvé après son décès était dans son ordinateur", explique sa mère, Virginie Monk. "Ce n'est pas un journal intime, c'est vraiment un récit autobiographique, elle écrit pas cher journal etc. Elle s'adresse à d'autres personnes qui auraient été victimes de harcèlement, dans le but de les aider."



Aider les autres victimes de harcèlement scolaire et respecter la volonté d'Emilie, voilà les principales raisons qui ont poussé sa famille à publier ce livre-témoignage. Les mots employés par Emilie sont durs. Entre la 5e et la 3e, la jeune fille est harcelée quotidiennement, dans "un établissement privé, catholique, dans un quartier assez chic de Lille." Aujourd'hui, sa mère peine encore à accepter les mots employés par sa fille. "Une des phrases qui m'a fait le plus mal quand j'ai lu son texte, c'est quand elle dit qu'elle ne voulait pas que ses parents pensent qu'on avait donné naissance à une "pure sous-merde", ce sont ses mots... Ca nous a brisé", explique Virginie Monk.

Comprendre

A l'époque, ses parents n'ont pas saisi la gravité de la situation. La jeune fille parlait peu. "Jusqu'en 6e c'était une enfant gaie, joyeuse, sociable. A partir de la 5e, au moment où le harcèlement scolaire a démarré, on a vu qu'elle était seule, isolée, qu'elle n'avait pas d'amis. Je lui disais toujours "Pourquoi tu vas pas au cinéma ? Pourquoi tu ne sors pas avec des copines ?". On voyait qu'elle avait pas d'amis", précise sa mère. Mais impossible de s'imaginer que le mal-être est si intense. "On voyait qu'il y avait quelquechose qui n'allait pas, mais en dehors des vols, de sa carte de cantine, de son casier forcé... [...] On intervenait à chaque fois qu'il y avait des petites choses mais jamais on aurait jamais cru que c'était à ce point là, jamais."



Si la jeune fille n'a pas partagé sa souffrance avant de commettre l'irreparable, c'est aussi qu'elle voulait protéger ses parents. Elle n'a pas osé. "Elle parle dans le livre des raisons pour lesquelles elle ne nous a pas alerté de la gravité des humiliations, des coups, et des violences qu'elle a subi là-bas. Elle avait honte aussi, ça elle me la confié après, après qu'on l'ait retirée de l'établissement", précise Virginie Monk. Avec ce livre, d'autres victimes de harcèlement scolaire auront peut-être le courage de parler ou de signaler de tels agressions. 

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