Retour d'Eden Hazard à Lille : "Il a été le TGV du LOSC" nous raconte ému celui qui l'a recruté à 12 ans

Déjà directeur du centre de formation du LOSC lorsqu'il a vu Eden Hazard pour la première fois dans son club de Tubize (Belgique), lorsque le jeune prodige avait 12 ans, en 2003 ; Jean-Michel Vandamme se souvient en avoir pris plein les yeux. À l'occasion de la venue du footballeur retraité au Domaine de Luchin, il se rappelle les bons moments et se souvient d'une personne pas difficile à gérer, loin de là, mais qu'il fallait orienter pour prendre les bonnes décisions. Interview.

Eden Hazard est pour deux jours à Lille, ce dimanche 10 mars 2024 et ce lundi 11 mars . Avant de recevoir la médaille d'honneur de la Ville de Lille, lundi, il était ce dimanche au Domaine de Luchin, centre d'entraînement du LOSC à Camphin-en-Pévèle pour inaugurer un terrain portant son nom, à l'entrée duquel une fresque monumentale du joueur international belge a été dévoilée.

L'émotion et le plaisir de revoir l'enfant du Losc dans son jardin a touché tous les anciens du club et impressionné les plus jeunes. 

Entretien avec Jean-Michel Vandamme, dont les équipes ont repéré la "pépite", en Belgique, il y a 21 ans.

Quand avez-vous entendu parler d'Eden Hazard pour la première fois ?

Eden a 12 ans et demi, et François Vitali [actuel directeur sportif de l'Estac de Troyes] me dit : j’ai quelque chose qui devrait vous plaire, un gamin de Tubize, en Belgique, il faut impérativement que vous veniez avec moi, car je sais ce que vous aimez ! Je vais avec lui et je tombe sur le cul. C'est tout ce que j'aime, effectivement... Il était petit, il ne faisait pas la différence sur le plan athlétique comme il a fait après. Mais il avait une science du jeu. Et ça vraiment... Je vais vraiment craquer parce que je sais que ce gosse il a quelque chose. Je n'imagine pas non plus la suite, je ne suis pas non plus madame soleil, mais je suis convaincu que ce gamin a quelque chose de particulier et qu'il va falloir y faire attention."

Comment convaincre les parents ensuite ?

On convoque les parents, on les reçoit. On vend notre club, son projet. Mais on ne peut pas le prendre parce qu'il est trop jeune, il faut attendre un an. Et grâce à l'honnêteté de la famille, sa droiture, ils vont patienter. Nous, on va le suivre, on va lui faire faire des stages dès que possible. Et après, il nous rejoint en préformation. Il était juste incroyable par rapport à sa capacité d'analyse et sa vitesse de réaction.

On n'a jamais eu l'impression qu'il était victime de la pression

Jean-Michel Vandamme à propos d'Eden Hazard

D'autres aspects qui caractérisent le joueur Eden Hazard ?

Ce qui caractérise le plus Eden Hazard, c'est qu'on n'a jamais eu l'impression qu'il était victime de la pression. Alors des fois, ça vous emmène à la non remise en question. Mais lui, il était capable d'écouter ce que vous disiez, il fallait faire attention à comment on lui disait. Parce que c'est un garçon qui avait une forme d'intelligence pragmatique au-delà du commun. Il avait la science du foot, naturellement.

Eden, c'est quelqu'un qui vous montrait l'exemple, le leadership, par le talent.

Jean-Michel Vandamme

Était-ce un leader dans le vestiaire ?

Je l'ai eu en tant que directeur du centre mais aussi quand j'étais directeur sportif. C'était très particulier. Je l'ai suivi tout le temps. Il a pris le leadership par l'exemple, par ce qu'il pratiquait sur le terrain. Pas par la voix, pas par le commandement. Par exemple, vous avez Didier Deschamps qui est né patron et Zinédine Zidane qui n'est pas né patron mais qui l'est devenu par son talent. Eden, c'est aussi quelqu'un qui vous montrait l'exemple par le talent.

Était-il facile à former ?

J'ai été obligé d'atténuer certaines choses. Eden aimait faire ce qu'il savait bien faire et quand il s'agissait de travailler physiquement, il ne comprenait pas toujours l'intérêt de faire de la musculation par exemple. Ce qui a valu que certains coachs étaient 'chagrin'. Je devais donc gérer les coachs en leur disant qu'il fallait faire attention à la communication et Eden, pour lui faire comprendre que même s'il n'aimait pas, il était important qu'il le fasse. Mais non, je n'ai pas formé Eden Hazard. D'abord, c'est pas moi tout seul, mais surtout on a accompagné Eden Hazard. J'ai formé Cabaye, Debuchy, Dumont, Digne, Origi. Eden, on l'a accompagné pour prendre les bonnes décisions, car il était fait pour le haut niveau.

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Une fierté de le connaître, d'avoir travaillé avec lui ? 

Surtout que je l'ai accompagné jusqu'à son départ. Ça a été notre TGV. La formation elle avait commencé avant Eden Hazard. Car il y avait des gens comme Jean Makoun, les Dumont, Debuchy, Cabaye, les frères Cheyrou... On n'avait pas attendu Eden, mais il a fait prendre une autre dimension à l'équipe. Ça a été un véritable bonheur d'accompagner un talent aussi incroyable. Mon rôle c'était d'accompagner Eden et Rudi mais c'était facile pour moi car Rudi, c'est Michel Seydoux et moi qui l'avions aussi fait venir au club. Il y avait un respect. Contrairement à ce qu'on pense, ce n'est absolument pas difficile de gérer Eden Hazard, ce n'est pas une star qui vous fatigue.

On est là pour parler de ce terrain alors je n'ai qu'une chose à dire : pas de gym dessus, juste du foot et on casse des reins !

plaisante Eden Hazard, à propos de son aversion pour la musculation

à Luchin, dimanche 10 mars

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"On est là pour ce terrain. Donc je n'ai qu'une chose à dire, pas de gym pas de muscu, juste du foot et casser des reins", plaisante le champion du LOSC ©France Télévisions. S. Rosenstrauch

Comment qualifiez-vous ce retour au LOSC ?

Le président Létang a bien fait de faire cela car Eden a terminé sa carrière et...  Où pouvait-il être mieux fêté que là où tout a commencé ?

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Ce dimanche 10 mars, Eden Hazard a donné le coup d'envoi de LOSC Rennes. Le lendemain, ce lundi, il recevra la médaille d'honneur de la ville de Lille.