Cet article date de plus de 3 ans

Roubaix : en arrêt maladie, les sapeurs-pompiers toujours sous le choc de l'agression au marteau

Après l'agression de sapeurs-pompiers, dimanche, à Wattrelos, le mal-être persiste à la caserne de Roubaix. Une vingtaine de soldats du feu sont toujours en arrêt maladie. 
Une vingtaine de sapeurs-pompiers sont toujours en arrêt maladie.
Une vingtaine de sapeurs-pompiers sont toujours en arrêt maladie. © Emmanuel Quinart
20 soldats du feu manquaient à l'appel jeudi à la caserne de Roubaix. Tous sont en arrêt maladie, excédés par les agressions à répétition et le manque de moyens. Dimanche soir, trois d'entre eux avaient été blessés lors d'une intervention à Wattrelos, attaqués à coups de marteau. 

Pas d'intervention aujourd'hui pour Gilles. Il est en arrêt maladie, incapable de retourner à la caserne. L'agression de dimanche ? Le malaise de trop pour ce pompier de Roubaix. "Je me sens très mal, j'ai une boule au ventre depuis dimanche, quand c'est arrivé", témoigne ce pompier. "Je ne me sens pas capable d'exercer mon métier. Je reprendrai le travail quand je me sentirai bien, parce qu'il y a vraiment un mal-être qui s'est installé en moi et qui s'est installé aussi dans notre environnement de caserne."

Roubaix : une vingtaine de pompiers en arrêt maladie
>> Un reportage d'Ambrine Bdida et Bruno Espalieu. 


Une dizaine d'années de service : dix ans d'estomac noué. Selon lui, toutes ces agressions auraient pu être évitées. "Nous on est en première ligne et on doit gérer le boulot de la police. On doit gérer les agresseurs en face à face. C'est pas notre rôle. Ce ne sont pas nos missions, ça", souffle le pompier.


Des solutions ? 


Les sapeurs-pompiers sont au bord de l'implosion. Mardi dernier, ils avaient déjà montré leur colère à leurs dirigeants. "Ce qu'on est venus chercher, ce n'est pas un projet. Ce sont des réponses imminentes", avait alors demandé un représentant syndical.

Une colère comprise par le vice-président du service d'incendie et de secours. "Psychologiquement je les comprends, parce qu'effectivement il n'est pas normal qu'ils partent travailler, qu'ils partent en intervention avec une boule au ventre. Les arrêts maladie ne sont pas une solution. Il faut que nous puissions continuer à travailler, il faut qu'ils puissent faire leur travail dans les meilleures conditions."

Patrouilles de police pendant les interventions ou encore caméras piétons à Roubaix : plusieurs pistes sont envisagées par le Préfet pour rassurer ces soldats du feu à bout de souffle.


Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers social économie pompiers