Start-up : la 25ème Licorne de France est dans le Nord et l'histoire d'Exotec n'est pas une légende

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Fondée à Croix en 2015, Exotec entre dans le cercle très fermé des licornes françaises : ces start-up non affiliées à un grand groupe, spécialisées dans les nouvelles technologies et valorisées à au moins un milliard de dollars. A l'origine, l'idée de deux ingénieurs née dans un bus, saluée par la visite de la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher ce mercredi 19 janvier.

Créature légendaire à corne unique, la licorne, cet animal imaginaire qui symbolise la puissance peuple les contes de fées et les rêves d’enfant. Elle est également, dans le monde économique, le nom utilisé pour désigner une certaine catégorie d’entreprise.

Des entreprises dont tout le monde rêve, car sur le devant de la scène. Des entreprises ultra-innovantes, non cotée en bourse, affichant une croissance ultra rapide et financées par des fonds extérieurs qui lui permettent de valoriser sa structure à plus d’un milliard de dollars.

Un apanage qui concerne un nombre restreint d’entreprises. Elles sont 25 dans l’hexagone, parmi lesquelles donc, l’entreprise Exotec, fondée à Croix en 2015. 25ème Licorne française mais également la première dans l’industrie de la logistique. La start-up vient de boucler une levée de fonds de plus de 300 millions de dollars, 335 millions de dollars très précisément, soit presque 294 millions d’euros, apportés par la banque d’investissement américaine Goldman Sachs.

Cette levée de fonds ajoutée aux précédentes (Bpifrance, 83 North, Dell technologies Capital, Iris Capital, 360 Capital Partners et Breega), totalise pas moins de 446 millions de dollars (391 millions d’euros) pour permettre à Exotec de continuer sa croissance en France mais surtout à l’international, avec une valorisation, désormais estimée à 2 milliards de dollars.  

Ce mercredi 19 janvier, la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher prévoit d'annoncer depuis le site d'Exotec un plan de 2,3 milliards d'euros pour soutenir le développement des jeunes pouces françaises.

Une startup née dans un bus

Comme beaucoup vous imaginez que les réussites entrepreneuriales sont le fruit de longues réflexions autour d’une table, que nenni ! L’histoire de la 25ème licorne française démarre en 2014, dans le bus qui amène les futurs co-fondateurs Romain Moulin et Renaud Heitz à leur travail chez General Electric Medical.

Prenant conscience du poids d’Amazon dans le monde de la logistique, les deux ingénieurs réfléchissent à la manière d’optimiser la préparation des commandes dans le e-commerce. Ils ont alors l’idée de concevoir un système de préparation de commande avec une flotte de robots, capables de se déplacer en trois dimensions. Skypod est né. Exotec voit le jour en 2015 à Croix.

Des robots qui voient haut et parcourent le monde

Capables de se déplacer en 3 dimensions, les robots Skypod peuvent aller chercher de la marchandise jusqu’à une hauteur de 12 mètres, ce qui permet une rationalisation et une densification du stockage dans les entrepôts. A cela s’ajoute un gain de temps, comme le précise Ali O'Connor, chargée de Marketing & Communication : "avec le robot Skypod, les commandes sont préparées 4 fois plus vite", avec une fiabilité à 99%. "Sur le site de Croix et depuis une salle de contrôle, tous les Skypod en activité dans le monde sont contrôlés vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, pour éviter toute défaillance". 

Avec le robot Skypod, les commandes sont préparées 4 fois plus vite.

Ali O'Connor, chargée de Marketing & Communication chez Exotec

Depuis sa création en 2015, Exotec en a vendu 2629 entièrement conçus et assemblés sur le site de Croix. Décathlon, Carrefour, Cdiscount, Géodis, Monoprix, Gap, Leclerc…la start-up équipe ainsi une cinquantaine d'entrepôts pour une trentaine de marques à l’international. En novembre 2019, le géant japonais de l’habillement Uniqlo lui a passé sa plus grande commande avec des racks s’élevant à 12 mètres et 200 robots en activité.

On doit aussi à la startup, le Skypicker, un bras articulé qui peut déplacer des objets de moins de 2 kg, avec la préparation simultanée de quatre commandes, et une cadence pouvant aller jusqu'à 600 articles par heure.

Un contexte économique favorable

Si Exotec, doit sa réussite à son innovation, le contexte sanitaire actuel n’est pas complétement étranger à son succès. Certes, la startup a bénéficié depuis sa création du développement exponentiel de l’e-commerce. Mais celui-ci, a lui-même été accéléré par la crise du Covid 19, les entreprises de ce secteur ayant dû repenser leurs chaînes logistiques, avec un développement conséquent de l’automatisation. Une manne pour le produit phare d’Exotec, son robot Skypod.

Grâce à la conception et la fabrication de ses robots logistiques, Exotec a pour objectif de devenir le leader mondial dans ce secteur. Aussi reste à poursuivre son développement. Un développement qui semble dores et déjà acquis pour la Startup. Ali O’Connor le reconnait, "faire partie aujourd’hui du cercle très fermé des Licornes françaises, nous offre une magnifique visibilité, mais de surcroit une véritable crédibilité… Si nos innovations sont reconnues de qualité, cette licorne confirme pour nos clients la confiance qu’ils mettent dans notre entreprise, et pour nous, la possibilité d’une croissance plus rapide".

Un développement qui dans ce contexte de croissance et pour accélérer son expansion à l’international, passe assurément par le recrutement. Exotec prévoit de doubler son nombre de collaborateurs, pour atteindre 700 salariés dans le monde à la fin de l’année. Mais ce n’est pas tout, la start-up, soucieuse de rester à la pointe de l’innovation, entend embaucher pas moins de 500 ingénieurs d’ici 2025 pour son bureau de R&D (recherche et développement).

Nos robots tout aussi performants soient-ils, n’ont pas pour vocation de supprimer l’humain.

Ali O'connor, chargée de Marketing & Communication chez Exotec

Cocorico, ces profils ingénieurs seront à pourvoir essentiellement au siège à Croix. Une politique de recrutements massifs, la réponse sans aucun doute à celles et ceux qui pourraient reprocher à la start-up de mettre en péril nombre d’emplois avec le développement de ses robots. Ali O’connor rassure, "nos robots tout aussi performants soient-ils, n’ont pas pour vocation de supprimer l’humain. Les robots ont été conçus afin d’améliorer les conditions de travail des opérateurs de commande, en limitant notamment leurs déplacements dans les entrepôts, en leur allégeant également le poids des commandes."

Vidéo Exotec ©Exotec

Au final, Exotec propose une flotte de robots qui se veulent au service de l’homme pour une véritable approche collaborative. Des robots pour pallier, au moins en partie, la pénurie de main d’œuvre dans les entrepôts.