Les cheminées d'usine, un patrimoine en danger dans la métropole lilloise

Comme leur père, grands-pères, arrière-grand-père, Tom et Franck Coornaert restaurent des cheminées d'usine, symboles du développement économique de la région. Un patrimoine aujourd'hui menacé, même si certains propriétaires privés décident de les sauver.

Une ascension vertigineuse. C'est ainsi que Tom Coornaert commence sa journée, tous les jours. A Tourcoing, il travaille en ce moment sur une cheminée de 38 mètres de haut.

Dans la famille Coornaert, on construit et restaure des cheminées d'usine de père en fils depuis bientôt 100 ans. "J'ai commencé à travailler avec mon père à la fin des années 1960. Le système d'aujourd'hui a été amélioré, avant c'était autre chose. Maintenant on travaille avec une balustrade mais avant, c'était seulement un plancher, il y avait beaucoup d'accidents", assure Franck Coornaert.
 

>> Claire Chevalier et Emmanuel Quinart

Attaché par une simple corde, les pieds sur des planches de 20 cm de large, Tom répare la partie haute de la cheminée. Si à la base, elle mesure 60 centimètres d'épaisseur, en haut, elle est bien plus fine et oscille avec le vent. D'où l'importance d'une couronne consistante.

 

Un vide patrimonial ?


Cette cheminée, le propriétaire du site aurait très bien pu la démolir. "On n'a aucune aide pour la restaurer et on avait le choix : soit on la démolissait, soit on la restaurait. Mais on aime voir des belles choses et pour moi c'est une belle chose. On voit aussi tous les aspects techniques derrière, ce n'est pas qu'une cheminée", précise Paul Lambrecht, propriétaire de la cheminée.

Sur les villes de Lille, Roubaix et Tourcoing, il reste aujourd'hui moins d'une centaine d'édifices. Elles ne sont pas classées et donc pas protégées. "C'est une sorte de vide patrimonial, on ne comprend pas pourquoi ces éléments marqueurs et architecturalement très beaux ne sont pas préservés, parce qu'une cheminée veut dire qu'il y a eu une machine a vapeur, donc que l'usine avait plus de cent ans. C'est cent ans d'histoire pour chaque lieu", explique Jérémy Moncheaux de l'association Le Non-Lieu.

Témoins des heures glorieuses puis du déclin industriel de la métropole lilloise, l'avenir reste fragile pour ces édifices tant que ce patrimoine ne sera pas d'avantage estimé et protégé.

 
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