Gérald Darmanin démissionne du Conseil régional des Hauts-de-France, décision "prochaine" sur Tourcoing

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mercredi soir qu'il avait démissionné du Conseil régional des Hauts-de-France et qu'il ferait connaître "prochainement" sa décision sur son mandat de maire de Tourcoing, après en avoir discuté avec son équipe municipale.
 
"J'ai informé Xavier Bertrand de ma décision de démissionner du Conseil régional", a précisé Gérald Darmanin, qui a envoyé sa lettre de démission, reçue ce mercredi. Le nouveau ministre de l'Intérieur siégeait au sein de l'instance régionale depuis 2015 au côté de Xavier Bertrand.

A-t-il démissionné à la demande du président de la République puisqu'aucune règle ne l'y obligeait ? "Pas du tout. J'ai démissionné parce qu'en tant que ministre de l'Intérieur, mon temps est très pris et je ne peux plus me consacrer à ce mandat", a-t-il indiqué.
"Symboliquement", a affirmé un élu nordiste, "c'est une façon de montrer qu'il coupe le cordon avec Xavier Bertrand", président (ex-LR) des Hauts-de-France, dont les ambitions présidentielles sont surveillées de près par Emmanuel Macron.

Interrogé sur le fait de savoir s'il allait également renoncer à son mandat de maire de Tourcoing, M. Darmanin a répondu qu'il ferait connaître sa décision "prochainement", après avoir "réuni ce week-end (son) équipe municipale" et en avoir "discuté avec elle".

Selon la jurisprudence instaurée par Lionel Jospin en 1997, un ministre ne peut pas diriger un exécutif local. Certes, il s'agit d'une règle non-écrite - qui a souffert des exceptions, à gauche comme à droite (Le Drian, Sarkozy...) - mais l'ex-Premier ministre Edouard Philippe l'avait sanctuarisée en septembre 2019.

"Il n'est pas sain de cumuler les deux dans la durée", a d'ailleurs lui aussi récemment jugé l'intéressé. D'autant que, depuis l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats, il est désormais interdit d'être à la fois maire et député par exemple.

"La sécurité des Français demande un ministre à 100%", a de nouveau déclaré, ce jeudi, Gérald Darmanin sur RTL. "J'aurais l'occasion de parler à ceux qui me font confiance", a-t-il souligné.

Le prochain conseil municipal de Tourcoing est programmé le 18 juillet. Le 15 mars, celui qui était encore ministre des Comptes publics était parvenu, en pleine déroute électorale pour La République en marche, à être réélu maire de sa ville dès le premier tour avec 60,9% des voix, à la tête de la liste "Le choix de Tourcoing".
Il avait ceint l'écharpe tricolore le 23 mai, retrouvant un siège occupé entre mars 2014, quand le jeune élu alors estampillé UMP avait ravi la ville au PS, et septembre 2017. M. Darmanin avait assuré le lendemain dans le JDD que le tandem exécutif l'avait "autorisé, pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles" liées à l'épidémie de Covid-19, à "exercer les deux fonctions" de ministre et de maire.

A son entrée au gouvernement en 2017, le ministre, désormais LREM, avait attendu quatre mois avant de céder son fauteuil à un fidèle et de devenir premier adjoint. Il devrait de nouveau confier les rênes de la ville à son actuel premier adjoint. "Si je suis tête de liste, c'est pour être maire" de Tourcoing, déclarait-il toutefois fin janvier dans La Voix du Nord.

"Il y a une forme de trahison des Tourquennois avec une ironie absolument terrible", a déclaré mercredi la conseillère municipale d'opposition Katy Vuylsteker en soulignant qu'il conduisait une liste appelée "Le choix de Tourcoing". "C'est un cumulard invétéré. Il ne s'est jamais satisfait d'un poste et il n'a jamais fini de mandat", a-t-elle ajouté.

"Il a menti aux Tourquennois en disant qu'il se présentait pour être maire. Ce n'est pas compatible avec ses ambitions nationales", a renchéri sur Twitter Rémi Meurin (RN).
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