"Cette embarcation n’était pas dimensionnée pour supporter autant de personnes" : ce que l'on sait du naufrage de migrants où une petite fille est morte noyée

Seize personnes, parmi lesquelles dix enfants et une femme enceinte, ont chaviré ce dimanche 3 mars 2024 alors qu'il se trouvait sur une embarcation dans le canal de l'Aa à Watten dans le Nord. Une petite fille de 7 ans est décédée.

Ce dimanche 3 mars, une embarcation de migrants a chaviré sur le canal de l’Aa à Watten (Nord), commune située à 30 kilomètres du littoral.

Seize personnes, dont dix enfants et une femme enceinte, embarquaient sur ce bateau, à quai, lorsqu'il a chaviré. C’est une passante qui a appelé les secours aux alentours de 6 heures du matin. "Les gendarmes et les pompiers se sont immédiatement transportés sur les lieux", indique Bertrand Gaume, le préfet de la région Hauts-de-France.

"Cette embarcation, vraisemblablement volée, n’était pas dimensionnée pour supporter autant de personnes. Celle-ci a chaviré peu de temps après la montée de ces personnes", ajoute-t-il.

Une petite fille de sept ans est morte noyée alors qu'elle se trouvait avec sa famille sur l'embarcation.

10 personnes transportées à l'hôpital

Les membres de cette famille, dont l'origine est pour l'instant inconnue, "ont été transportés au centre hospitalier de Dunkerque", selon le préfet de la région. Il s'agit d'un couple et de trois enfants. 

Se trouvaient également à bord : un couple, deux hommes et six jeunes enfants. Au total, 10 personnes ont été transportées à l'hôpital. 

La mairie de Watten a mis à disposition une salle permettant aux cinq autres naufragés "de se réchauffer dans l'attente des services enquêteurs".

"C'est la première fois que je vois ça ici"

Des départs de migrants, avec l'objectif de traverser la Manche, depuis l'intérieur des terres, est un phénomène qui s'amplifie selon les autorités. Mais jamais le maire de la commune, Daniel Deschodt, n'avait été confronté à un tel drame : "on sait qu'ils ont des difficultés à acheter des bateaux maintenant, donc ils viennent à l'intérieur des terres et tous les bateaux qui traînent, ce sont de tout petits bateaux donc ils se retrouvent là-bas une quinzaine, ce n'est pas possible. C'est la première fois que je vois ça ici", confie-t-il. 

"Plusieurs gardes à vue sont en cours", a annoncé en milieu de journée le parquet de Dunkerque, qui a ouvert une enquête pour homicide involontaire, blessures involontaires, association de malfaiteurs et aide à l'entrée et au séjour irrégulier en bande organisée avec mise en danger d'autrui. 

L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Dunkerque-Hoymille et à l'Office national de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim).

Avec Martin Vanlaton / FTV