Ascoval Saint-Saulve : les salariés ont arrêté le four, en réaction à la faillite du repreneur British Steel

© Aubérie Perrault / France 3
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Un signe de l'inquiétude qui règne parmi les 268 salariés du site, malgré les réactions du gouvernement et de la région, qui se veulent rassurants.

Par Q.V avec AFP

Les salariés de British Steel Saint-Saulve, ex-Ascoval, tout juste racheté par la maison mère du sidérurgiste britannique, ont décidé d'"arrêter" le four de l'aciérie, en réaction au placement en faillite de leur repreneur, a-t-on appris auprès du porte-parole de l'intersyndicale.
 

"Les salariés ont décidé d'arrêter le four, avec de l'acier liquide à l'intérieur, et non pas de le mettre sur sécurité comme d'habitude, pour la première fois depuis l'existence de l'usine", a affirmé à l'AFP Bruno Kopczynski, délégué CFDT et porte-parole de l'intersyndicale lors d'une interruption de séance d'un CE extraordinaire.

 

"On est dans le flou total"

"Les salariés sont sur le site, ils veulent des garanties sur la venue des représentants de British Steel, qui ne sont jamais venus. Il est plus que temps qu'ils s'expliquent", a-t-il ajouté, avant de repartir en réunion. "On est dans le flou total et l'angoisse à nouveau", avait-il dit un peu plus tôt.

Une source proche du dossier a précisé qu'ils ne sont pas en grève mais qu'ils ont bien arrêté le four mercredi après-midi.

"Nous demandons à Bercy de réunir avant le weekend les partenaires : collectivités locales, repreneur, représentants des salariés et direction d'Ascoval pour apporter des réponses aux salariés sur la solidité économique du projet", ont écrit dans un communiqué commun le président de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, et le président de Valenciennes Métropole, Laurent Degallaix. Et affirment : "Nos prêts de 10 et 12 millions d'euros respectifs sont toujours disponibles pour l'accompagner."

 

Un nouveau doute sur l'avenir de l'usine

Après que les autorités britanniques ont annoncé la liquidation pure et simple du sidérurgiste, faisant à nouveau planer le doute sur la viabilité du site français, le gouvernement a tenté de rassurer les salariés de l'aciérie ex-Ascoval de Saint-Saulve.
 

"Cette procédure n'inclut pas l'aciérie de British Steel Saint-Saulve qui est détenue par une autre société du groupe", à fait savoir la maison-mère du groupe Olympus Steel Ltd, a précisé le ministère de l'Economie.

Il a ajouté que "le plan d'affaires" du site français, qui compte 270 salariés, ne dépend pas des activités britanniques, "ni industriellement, ni pour son financement".

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