À Villeneuve d'Ascq, un lieu hors-normes d'écoute et d'information sur les violences

Depuis le 18 juillet et malgré le Covid-19, Nina et Simones accueille au sein d'un Centre Commercial toute victime ou témoin de violences. L'information sur les dispositifs d'aide est un besoin parfois vital selon les associations et la Délégation Régionale des Droits des Femmes et de l'Egalité.

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Le confinement imposé par la Covid-19 au printemps 2020 a tristement multiplié les cas de violences conjugales. Dans les Hauts-de-France, les associations d’aide aux victimes ont alerté les pouvoirs publics. Pour y faire face, Hindati Simpara, tout juste nommée directrice régionale déléguée aux droits des femmes et à l’égalité, coordonne une action multidisciplinaire.

Un lieu d’accueil inédit et éphémère est installé dans un espace aménagé au sein du Centre Commercial V2 à Villeneuve d’Ascq. Ainsi, du 6 avril au 11 mai 2020, des personnes victimes ou témoins de violences ont eu accès aux dispositifs d’aide ou été informées sur les démarches juridiques à suivre.

"Ces sujets de violences ne sont pas une surprise, ce qui est nouveau, c’est le besoin d’en parler. Nous avons reçu également d’autres professionnels, comme des enseignants par exemple, qui souhaitent pouvoir mieux orienter des personnes en difficulté." constate Hindati Simpara. 

C’est un pas de côté par rapport aux administrations

Hindati Simpara

Fort de cette expérience jugée concluante, ce partenariat entre le Centre Commercial V2 de Villeneuve d'Ascq, les services de l’Etat et une dizaine d’associations luttant contre différentes formes de discriminations (sexisme, racisme, violences dans le milieu de la prostitution, homophobie, transphobie…) est reconduit pour 6 mois.

"C’est un pas de côté par rapport aux administrations, cette démarche demande de prendre du recul sur l’accès à l’information lorsque l’on éprouve une situation difficile, il faut changer certains codes."
C’est donc cinq jours par semaine qu’un local, d’accès libre, aménagé en lieu de pause, permet à deux professionnels, venant des associations partenaires d’être à l’écoute du public.

Depuis le 18 juillet, 130 personnes ont été reçues en entretien, de 5 à 30 minutes (jusqu’à 2 heures de façon exceptionnelle), un espace "confidentiel" est aménagé pour celles ou ceux qui souhaitent échanger à l'abri des regards.

Toutes les associations partagent leurs informations et orientent chaque personne vers la structure la plus adaptée à la situation décrite. Les cas graves peuvent ainsi être suivis.

La directrice aux Droits des Femmes et à l’Egalité remarque que: " Chaque cas est une histoire singulière, nous n’avons pas voulu établir de statistiques sur le profil des personnes puisque nous garantissons la confidentialité des échanges, mais les trois sujets les plus fréquents sont les violences conjugales, la vie de couple et l’égalité femme/homme, et, majoritairement, les personnes reçues avaient des questionnements sur plusieurs de ces sujets."
Hindati Simpara estime, grâce à un suivi mensuel qu’elle réalise avec les associations partenaires, que, qualitativement, ce projet est viable puisqu’il amène l’information au plus près de la population. "On est où on doit être. Nous touchons des personnes qui n’ont pas accès aux bonnes informations. Nous avons plusieurs projets pour nous développer ; créer des évènements comme un atelier danse sur le thème de l’acceptation de son corps ou une sensibilisation des jeunes adultes, auprès des universités par exemple. Il y a des sujets sensibles ou intimes qui sont très intelligemment abordés sous forme de bandes dessinées, c’est un bon moyen pour engager un échange."

De nouveaux partenaires se sont fait connaitre dont le Conseil Départemental et une association qui intervient pour l’égalité dans les formations et au travail. Cet engouement est plutôt de bon augure pour le devenir de Nina & Simon.e.s au 1er janvier 2021.