L'académie de Lille va bénéficier d'une expérimentation sur "l'éducation prioritaire" dès septembre 2021

70% des élèves défavorisés ne sont pas scolarisés en zone d'éducation prioritaire. Pour y remédier, le gouvernement veut changer de système, pour mieux cibler les établissements en difficulté. Une expérimentation sera menée dès la rentrée 2021, dans trois académies dont celle de Lille.  
Le système actuel laisse des écoles sur le bord du chemin juge la secrétaire d'Etat
Le système actuel laisse des écoles sur le bord du chemin juge la secrétaire d'Etat © SEBASTIEN GURAK - Photo d'illustration
"70% des élèves défavorisés ne sont pas scolarisés en zone d'éducation prioritaire", estimait en 2018 un rapport, rendu par Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille, et l'inspectrice générale Ariane Azéma. Ce rapport jugeait donc "nécessaire d'assouplir" un réseau considéré par beaucoup comme trop rigide et pas suffisamment efficace.

Actuellement, l'éducation prioritaire est une carte figée, avec des établissements REP « Réseau d'éducation prioritaire » et d'autres, qui ne le sont pas.

Dans les écoles et les collèges REP, les moyens éducatifs sont renforcés pour corriger l'impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire.

"Ce système laisse des structures au bord du chemin"

"On s'est rendu compte que ce système laisse des structures au bord du chemin", indique la sécrétaire d'Etat en charge de l'Education prioritaire, au journal Le Parisien.

Le gouvernement va donc mener une expérimentation, dès septembre prochain, dans trois académies, afin de "mieux répondre à la diversité des territoires et leurs publics". L'académie de Lille est concernée, comme celle d'Aix-Marseille et celle de Nantes. 

Natahlie Elimas, secrétaire d'Etat en charge de l'Education prioritaire, assure qu'en 2021 la carte des établissements REP sera conservée et que les moyens seront toujours attribués à ces établissements. Cette expérimentation vient en complément indique-t-elle. 

Sortir d'une logique du tout ou rien

Nathalie Elimas, secrétaire d'Etat en charge de l'Education prioritaire

"Du sur-mesure"

L'idée est de sortir " d'une logique de zonage, du tout ou rien, pour aller vers une logique où tous les territoires peuvent accéder à l'éducation prioritaire, avec plus de justice et plus de souplesse", explique le secrétariat d'Etat à l'Education prioritaire.

En clair, l'académie de Lille va essayer de cibler les établissements qui pourraient désormais bénéficier des moyens de l'éducation prioritaire. L'objectif affiché est de faire du "sur-mesure par rapport à la difficulté réelle et la typologie de l'école, pour gommer les imperfections de la carte de l'éducation prioritaire", précise le secrétariat d'Etat. 

Des contrats locaux d'accompagnement de trois ans seront déployés "avec une clause de revoyure pour les prolonger si besoin. Ce travail sera fait académie par académie, mais avec un cadrage et une grille d'indicateurs nationaux", indique le ministère de l'Education. 

Le nombre d'établissements concernés sera connu avant la fin décembre et les modalités techniques de cette expérimentation sont précisées en ce moment dans le cadre du Grenelle de l'éducation. 
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