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Associations, mairies, écoles : sans les contrats aidés, elles tournent au ralenti

Mi-août, le gouvernement a décidé de baisser le nombre de contrats aidés. De 459 000 en 2016, ils devraient passé à 320 000 en 2017. Largement utilisés par les mairies et les associations, elles sont nombreuses, dans le Nord et le Pas-de-Calais, à s'inquiéter à la rentrée. 

Lundi 4 septembre, à Doignies, le maire Pascal Mompach est venu servir à la cantine scolaire pour protester contre la diminution des contrats aidés.
Lundi 4 septembre, à Doignies, le maire Pascal Mompach est venu servir à la cantine scolaire pour protester contre la diminution des contrats aidés.

Lundi 4 septembre 2017, les élus et associations s'adonnent à des actions de protestation dans le Nord et le Pas-de-Calais suite à l'annonce, mi-août, de la diminution des contrats aidés. Pour la rentrée, l'activité de certaines municipalités se trouve perturbée. Alors qu'elle devait employer des contrats aidés ou renouveler leur contrat, elle a dû stopper leur embauche
 

Le maire de Doignies aux manettes de la cantine


A Doignies, le maire, Pascal Mompach, aidés d'élus des communes de Moeuvres et Bourqies, a décidé de servir à la cantine de l'école lundi 4 septembre pour protester contre la suppression d'un contrat aidé. Auparavant, deux employés étaient en charge de la cinquantaine d'élèves. L'un était embauché en contrat aidé et ce dernier n'a pas pu être renouvelé. A présent, une seule employée devra donc s'occuper de 45 enfants de la grande section de maternelle au CE2. 
 


"Dans les communes rurales, il faut un strict minimum pour assurer le service : le service de la commune, de son entretien, des écoles etc", explique le maire. "Il faut du personnel qualifié pour faire tout cela", ajoute un parent d'élève.

Pascal Mompach "Dans les communes rurales, il faut un strict minimum pour assurer le service"


"Nous sommes obligés d'arrêter le service d'enlèvement des livres à domicile"


Créée fin 2015, la Bouquinerie du Sart, installée à Villeneuve-d'Ascq, collecte livres et disques d'occasion pour les revendre ou les recycler. Pour fonctionner, la petite entreprise embauche majoritairement des contrats aidés : une façon d'aider à la réinsertion des personnes en situation précaire. "Nous accompagnons ces personnes pendant 12 à 24 mois pour les aider à rebondir vers une vie plus autonome", explique Vianney Poissonier. Au total, elle embauche deux personnes en CDI, deux en contrats de prestations et huit contrats aidés. 

Embaucher en contrat aidé permet aussi à l'entreprise de reçevoir une aide significative de l'Etat. "Le financement de l'Etat correspond à 20% de notre budget. L'année prochaine, nous aurons donc un trou de 80 000 euros si les contrats aidés sont supprimés."

En septembre, deux contrats aidés ne pourront pas être renouvelés comme prévu et les trois recrutements qui devaient avoir lieu ont du être stoppés. Ainsi, la petite entreprise va devoir tourner avec un effectif réduit"Nous sommes obligés d'arrêter le service d'enlèvement des livres à domicile afin de pouvoir poursuivre notre activité", déplore Vianney Poissonnier. 

La Bouquinerie a lancé une pétition en ligne pour appeler le gouvernement à revenir sur sa décision, notamment pour les entreprises qui oeuvrent à la réinsertion de personnes en difficulté. Le 4 septembre 2017, elle avait déjà récolté 11 000 signatures. 

Pétition : Suppression des contrats aidés : vers la fin des associations ?

Résumé du sujet de la pétition : Nous demandons à l'état de maintenir les contrats aidés pour les personnes bénéficiaires du RSA, et pour les jeunes de moins de 26 ans en grande difficulté sociale ou les personnes reconnues comme handicapées. L'auteur de cette pétition, Qui sommes-nous ?


"Ce qui me choque c'est que l'Etat a tout intérêt à maintenir les contrats aidés", reprend Vianney Poissonnier. "Soit on se dit qu'on aura toujours des chômeurs de longue durée, soit on essaye de faire quelque chose. Les contrats aidés c'est une solution, et on veut tout arrêter."

A Calais, des élus à la sortie de l'école


A la sortie des écoles, à Calais, lundi 4 septembre 2017, ce sont les élus qui assuraient la sécurité des enfants aux abords des routes. Pour cause, 26 personnes devaient être embauchées en contrat aidé pour effectuer cette tâche mais faute de consigne de l'Etat, la Ville n'a pas pu signer leur contrat.

A partir de jeudi, ce sera des employés municipaux qui prendront le relais pendant un mois, en espérant que les 26 contrats aidés puissent finalement être embauchés. Au total, la Ville de Calais emploie 93 contrats aidés dans ses services.





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