Les conditions de vie des tigres de Blacourt sont conformes à la loi, selon leur dresseur

Selon Mario Masson, les conditions de vie de ses tigres à Blacourt dans l'Oise sont réglementaires. / © C.Juteaux/FTV
Selon Mario Masson, les conditions de vie de ses tigres à Blacourt dans l'Oise sont réglementaires. / © C.Juteaux/FTV

One Voice, l'association de défense des animaux, a porté plainte contre un dresseur de tigres pour maltraitance et actes de cruauté vivant à Blacourt dans l'Oise. Mario Masson se défend et affrime être dans les règles.

Par Paul-Antoine Leclerq et Jennifer Alberts


"Je suis choqué qu'on m'accuse de maltraitance. Je respecte les règles depuis que j'ai commencé le métier il y a 43 ans". Jeudi 30 janvier, l'association de défense animale One Voice diffuse des images montrant les conditions de vie des 9 tigres du dresseur de cirque Mario Masson. Les fauves vivent dans un camion-cage stationné sur un espace goudronné à Blacourt dans la périphérie de Beauvais dans l'Oise. 
 

 Des cages de 7 m²


Mario Masson est dresseur et propriétaire des fauves. Il dit être aux normes depuis 43 ans : "les cages font 7 m² et le parc de détente fait 11 m² de diamètre. La journée, les cages restent ouvertes pour que les tigres puissent marcher. Il y a même une piscine pour que les tigres puissent se baigner. mais je ne l'utilise pas en ce moment à cause du froid. C'est arrivé qu'ils restent trois jours maximum dans les cages. Mais je revenais d'un gala et j'étais souffrant".
 
11 m. C'est le diamètre de l'espace détente des tigres de Blacourt dans l'Oise selon leur dresseur Mario Masson. / © C.Juteaux
11 m. C'est le diamètre de l'espace détente des tigres de Blacourt dans l'Oise selon leur dresseur Mario Masson. / © C.Juteaux


Ces cinq dernières années, Mario Masson proposait plusieurs fois par an des animations avec ses tigres au parc St Paul. Selon la direction du parc, il était dans les règles. Rien de suspect n'avait été remarqué. 

Même constat de François Bénard. Le maire de Blacourt dit avoir vu les tigres jeudi 30 janvier. Il les a trouvés "en bonne forme". Selon lui, les tigres "ont chacun une grande cage et mangent 5 kg de viande par jour. Ils peuvent sortir our se dégourdir dans un grand espace".
 

Un an d'enquête


"Ici, même la loi n'est pas respectée", dénonce Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice. Un an d'enquête qui a abouti à cette conclusion : les animaux sont détenus dans des conditions illégales. "À deux pas du Parc Saint Paul et du Parc Saint Léger, entre les quatre murs d'une usine désaffectée de Picardie, nous avons découvert que les neuf tigres étaient enfermés toute l'année dans un camion-cage, sans réelle protection contre les intempéries, avec à peine assez de place pour tourner en rond.", peut-on lire dans le communiqué de l'association.

Elle a publié une vidéo sur sa page Facebook montrant les conditions de vie des fauves qu'elle qualifie de "supplice".
 


La loi ne serait pas respectée

L'association condamne les conditions de captivité des félins, enfermés dans des cages "toute l'année, sauf en de rares occasions". Selon l'association, Mario Masson contrevient à l'arrêté du 18 mars 2011, fixant les conditions de détention d'animaux non-domestiques et selon lequel "les animaux doivent avoir la possibilité de se déplacer librement dans les installations extérieures chaque jour sauf si les conditions météorologiques ou leur état de santé ne le permettent pas". "La loi, qui est déjà minime, prévoit que les animaux puissent se dégourdir les pattes quotidiennement, ajoute la présidente de l'association. Donc, déjà sur ce point, le dresseur est dans l'illégalité". 
 

Une plainte déposée

"La détention et l'exploitation des animaux dans les cirques est déjà une soufrance en-soi, accuse Muriel Arnal qui s'oppose à toute les formes de détention d'animaux sauvages. Ce sont des animaux qui vivent sur un territoire de plusieurs milliers d'hectares.". L'assocation a annoncé avoir déposé plainte pour maltraitance et acte de cruauté. "Une première plainte avait été déposée l'année dernière et classée sans suite", déclare Muriel Arnal. 


 

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