La chasse interdite dans deux communes de l’Oise suite à des repas sans masques : "C’est disproportionné !"

Le président de la fédération s’insurge que la préfecture de l’Oise punisse l’ensemble des villages de Gandru et Morienval, après que deux groupes de chasseurs n’ont pas respecté les règles sanitaires.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © MAXPPP
Ils se sont faits prendre... et leurs camarades vont payer avec eux. Alors que la préfecture de l’Oise avait autorisé la chasse malgré le confinement, deux groupes de chasseurs ont été contrôlés samedi 14 novembre à Grandrû et Morienval en plein casse-croûtes covidesques. Résultat : plus personne ne peut chasser dans les deux communes.
  

Des "manquements graves", selon la préfecture


"Des inspecteurs de l’office français de la biodiversité (...) ont constaté (...) des regroupements avec repas collectifs et bar ouvert avec distribution d’alcool, sans respect des mesures-barrières et notamment l’obligation du port du masque", nous informe la préfète de l’Oise, par communiqué de presse, ce mardi matin.

"Face à ces manquements, la préfète décide par arrêté publié ce jour de revenir sur la dérogation accordée", tranche la représentante de l’État, tout en annonçant de nouveaux contrôles et sanctions.
 

L’amertume du président de fédération

Prévenu par la presse - "c’est un peu cavalier" -, le président des fédérations départementale et régionale des chasseurs regrette d’avoir été "mis devant le fait accompli" alors qu’il "joue le jeu" depuis le début (voir par exemple ci-dessous). Il condamne autant les faits… que la sanction préfectorale.
 
"On ne punit pas l’ensemble d’un village parce que quelques-uns se sont faits prendre, rouspète Guy Harlé d’Ophove. Il n’y a qu’à dresser un procès verbal à ceux qui ont participé à ce casse-croûte, que l’on condamne formellement. Mais il n’y a pas que ces deux chasses communales dans ces villages, il doit y avoir une cinquantaine d’autres chasseurs ! C’est disproportionné."
 

La faune sauvage dérégulée ?

Le président soulève par ailleurs les conséquences de cet arrêt de la chasse sur l’agriculture locale. "La commune de Morienval est en point noir, c’est-à-dire fortement impactée par les dégâts de sangliers et de cervidés, explique-t-il. On ne va plus pouvoir réguler les animaux, alors qui va payer les dégâts ?"
 
Des arguments à relativiser : la dérogation a beau être suspendue à durée indéterminée, Guy Harlé d’Ophove lui-même dit avoir "un espoir que le confinement (de la chasse) soit allégé au 1er décembre". La punition sera peut-être de courte durée.
 
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